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JK Haru : Sex Worker in Another World

Un camion et c’est

rebelote



/!\ Petit disclaimer, il y a de nombreuses scènes de sexe, c’est certes censuré mais on n’y rate pas grand chose, alors attention si vous êtes sensible aux scènes trash ! /!\


JK Haru : Sex Worker in Another World est un Seinen écrit par Hiratori Ko et dessiné par Yamada J-Ta. Il est édité chez nous aux éditions Meian. Au Japon il n’y a encore que deux tomes puisqu’il s’agit d’une adaptation très récente du Light Novel du même nom.

Ce manga, comme vous l’aurez deviné par le titre, est un Isekai. En effet, Haru Koyama était à la base une lycéenne à peu près classique. Sauf qu’un jour, comme un certain Kazuma de Konosuba, elle se fait renverser par un camion, un véritable camion cette fois-ci bien entendu. Et évidemment elle se voit transporter dans un autre monde, pas seule néanmoins, il ne s’agit cependant pas d’une déesse mais d’un Otaku aux airs quelque peu rebutants qui est transporté avec elle. C’est comme ça que tous deux arrivent dans un monde qui n’est pas le leur. L’Otaku du nom de Seiji Chiba va très vite prendre ses marques et devenir aventurier grâce aux avantages qu’il a acquis du “Dieu” qui les a transportés jusqu’ici. Mais Haru, elle, ne va pas avoir la même chance, car ce monde-ci est un cas “extrême” de misogynie. Vous l’aurez compris, Haru va donc se retrouver à faire ce qu’elle a déjà auparavant fait mais qu’elle ne voulait plus faire, se prostituer. Elle trouve donc un établissement de plaisir qui propose à leurs clients, de quoi boire, manger et coucher, donc de quoi faire passer un bon moment à chacun d’entre eux. On va alors évoluer ensemble dans ce monde qui n’est pas si habituel que ça…

C’est un Isekai et les codes qui le définissent sont présents, le monde n’y fait pas exception. Toutefois on nous montre un autre point de vue. On n’est pas le héros overpowered. On n’a pas de talent inné ou quoi que ce soit d’irremplaçable. Haru est une fille de joie, et ça il y’en a plein et, même si elle arrive à être bien placée dans le classement de la maison de passe, elle n’en reste pas moins remplaçable. Et plus que ça, plusieurs fois on nous rappelle bien qu’elle se situe au bas de l’échelle et qu’il n’y a pas vraiment d’ascension possible pour elle. C’est une fille de joie, et au mieux ça pourrait devenir une sorte de maid mais là encore, sûrement pas le côté mignon des maids qu’on a l’habitude de voir…

Plusieurs critiques sont faites dans cette œuvre, que ce soit par rapport à cette misogynie frappante, comme des piques envoyées à Chiba sur le fait qu’il ne mérite pas forcément les talents qui lui ont été donnés, et au final il est même dénoncé comme un tricheur. C’est intéressant de prendre le contre-pied de la puissance des héros d’Isekai pour montrer un autre côté où ce n’est pas forcément si beau que ça. Je ne vous en dis pas plus mais c’est plutôt bien réalisé !

Si ce monde nous offre une perspective aussi intéressante qu’intrigante, c’est en grande partie grâce à Haru Koyama. Ce personnage apparaît comme une simple lycéenne qui a fait des bêtises mais qui va s’en servir à contre-cœur pour s’en sortir. Sauf qu’elle est plus que ça. Haru est un personnage qui pense beaucoup, elle se questionne sur son passé, son présent et son futur, sur le monde qui l’entoure et sur comment elle pourrait y faire face… autrement. Elle se pose des questions sur la légitimité de Chiba tout en nous faisant y réfléchir. Elle critique ce monde qu’elle n’a pas voulu mais s’y adapte tout de même. Elle voudra quoi qu’il en soit faire des choses qui lui sont censées être interdites. Elle n’a pour l’instant pas le choix et utilise donc son corps pour arriver à son but, elle profite de la faiblesse de ces hommes sexistes qui, en un coup de hanche, tombent sous le charme (enfin si on oublie deux monsieurs au début du tome n’est-ce pas x)).

Haru est forte, très forte même. Malgré tout ce qui lui arrive, elle y fait face, elle n’oublie pas de sourire même si elle aurait préféré n’avoir jamais à faire tout ça.


Je voudrais tout oublier. Tout oublier, toi y compris, et rentrer à la maison Haru Koyama.

Seiji Chiba, est un camarade de classe d’Haru. Il est celui qui aurait pu la sauver mais qui a échoué et s’est retrouvé avec elle dans cet autre monde. Chiba est un Otaku et malheureusement il n’est pas du tout présenté d’une bonne manière, c’est le cliché de l’Otaku sale et répugnant qui ne manque pas de profiter d’Haru. Il est vantard, macho, physiquement discutable, et possède des expressions faciales nous laissant entrevoir ses penchants sûrement louches. On a du mal à savoir si dans le fond c’est un bon gars tellement il est montré par sa partie moche. En se mettant du côté de la lycéenne, Chiba passe vraiment pour un gros pervers répugnant n’ayant aucun réel respect pour elle. Et difficile de ne pas le trouver rebutant au vu de certaines scènes. Avec seulement le premier tome  je ne saurais trop me prononcer sur lui, mais il n’est clairement pas là pour être apprécié ni attachant.

Niveau dessin, devons-nous les juger en fonction des seins ? Je ne sais pas. En tout cas, l’auteur a un coup de crayon sympathique. Quelques pages relativement blanches à déplorer mais rien de bien dérangeant en soit. Le trait n’est pas aussi vulgaire que dans les ecchis, on reste sur quelque  chose d’assez soft et ma foi, ça fait bien le taf !

Personnellement j’ai appris à apprécier ce premier tome au fil des chapitres. Il est pourtant assez marquant, et certaines scènes sont un peu “choquantes” ou vraiment moches à regarder. Ce monde dans lequel elle a atterri est plutôt sale et on s’en rend de plus en plus compte avec le temps et avec les pensées et actes d’Haru, qui essaie de trouver de petits plaisirs, comme de simples discussions entre femmes qui lui redonnent le sourire et un peu de joie.

Ce titre n’est clairement pas pour tout le monde, bien qu’il a vraiment beaucoup de potentiel aussi bien dans le fond que dans la forme. Cette œuvre vous fera très certainement réagir et elle mérite d’être lue.

Si vous vous sentez de découvrir cette autre perspective des Isekai, allez-y ça vaut le coup !

H.

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