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Le Petit Monde de Machida

Un petit 

monde de 

bienveillance 

et d’amour

Le Petit Monde de Machida est un Shôjo de Ando Yuki, publié au Japon d’abord sous forme de One Shot, puis en une série de sept volumes entre 2015 et 2018. En France, les éditions Akata nous proposent cette licence depuis Mai 2022 et le deuxième tome arrive en Juillet 2022.

 

Machida est un lycéen issu d’une famille nombreuse, aux airs de garçon intelligent et plutôt cool derrière ses lunettes de premier de la classe. En vérité il est tout l’opposé, ayant des notes en dessous de la moyenne, étant maladroit et possédant des difficultés à comprendre ses propres sentiments. Mais Machida a cependant un point fort et primordial qu’il ignore encore: Il prend naturellement soin des autres.

 

Le Petit Monde de Machida est un Slice of Life, un chapitre correspondant à un moment de vie de Machida, avec souvent une nouvelle rencontre, une question ou un événement à résoudre. Dit comme ça, cela peut vous donner l’impression d’un manga épisodique, mais en vérité pas du tout, puisqu’on va suivre l’évolution des sentiments et de la réflexion de Machida, et on va également régulièrement revoir des personnages d’autres chapitres tout en construisant une relation entre eux et notre protagoniste.

Ne soyez pas surpris cependant, le manga est énormément narré, accentuant le côté robot de Machida, et permettant également de mieux le comprendre. Je trouve que ça rajoute un petit charme au manga, comme si on nous racontait l’histoire de Machida et c’est presque mignon à lire, pas du tout dérangeant pour autant.

Si vous êtes en proie à un petit coup de blues, ou à une grosse déprime, Le Petit Monde de Machida saura vous réconforter grâce à son aspect très Feel Good et bienveillant. Machida aime les gens, il le répète plusieurs fois rien que dans ce premier tome, et les gens l’aiment en retour, remarquent sa plus grande qualité, ne lui font jamais de mal. On a de la bienveillance partout autour de Machida, même si on se rend bien compte durant notre lecture que tout le monde n’a pas vécu une vie tranquille et sans souffrances.

Cependant, Machida donne tout pour aider les gens dans ce cas-là, pour les comprendre, apprendre à les connaître, et notamment Inohara pour qui il se sent inexplicablement attiré! (même si nous on se doute de pourquoi il l’est n’est-ce pas?) Machida a alors toujours les mots justes pour réconforter les autres, les gestes qu’il faut pour les secourir du plus petit tracas, et il est capable de réfléchir une journée entière pour trouver une solution pour aider une personne dans l’embarras ou faire plaisir à ses proches. C’est un garçon au grand cœur qui ne peut que vous réconforter, même si ses mots sont parfois maladroits et portent à confusion, apportant une pointe d’humour qui fait sourire.

Machida, c’est un peu Sakamoto de Sakamoto, pour vous servir mais en version imparfaite. C’est un philanthrope qui aime profondément les gens, mais qui a pourtant du mal à comprendre ses propres sentiments. C’est un garçon impassible, ou plutôt, peu expressif, qui donne l’impression d’être intelligent, mais qui n’est pas vraiment celui que son physique montre. Il est à la recherche de son point fort mais ne se rend pas compte qu’il s’agit de sa bienveillance, de sa tolérance et de l’attention qu’il porte envers les gens. Au fond, c’est un jeune homme pur et innocent, qui ne comprend pas trop certains sentiments, et qui cherche à s’épanouir tout en aidant d’autres personnes à faire de même. C’est une personne au grand cœur qui vous réconforte quoi qu’il arrive, même derrière ses airs robotiques.

On a deux grands thèmes qui reviennent souvent dans ce premier volume et qui, je pense, seront récurrents dans l’histoire: la famille et les formes d’amour. Machida est d’une famille nombreuse et fait tout pour les aider à s’épanouir et à bien s’entendre entre eux, à leur faire plaisir, même s’il rate les plats qu’il prépare. C’est une famille nombreuse, mais aussi une famille heureuse, même si on notera le manque d’une présence paternelle alors que la mère est enceinte. Je ne sais pas si on aura plus d’indices par la suite mais ça m’interpelle un peu et Machida a l’air d’avoir pris un peu les devants et d’incarner la figure paternelle pour ses frères et sœurs.

On se rendra cependant compte durant notre lecture que toutes les familles ne sont pas aussi belles et étincelantes que celle de Machida, à travers des personnages comme Inohara qui déteste les gens et a une famille absente, ou encore le vieux Senoo qui souffre d’isolement. Ce sont des rencontres que Machida fait durant ce premier volume et qui montrent des aspects familiaux plus compliqués avec des parents absents, ou bien tristes avec l’isolement d’une personne âgée et la perte d’Êtres chers. Cela offre un aspect plus mélancolique, touchant avec des conversations qui émeuvent et qui font aussi bien réfléchir le jeune Machida que nous, lecteurs.

Le deuxième thème important de l’histoire c’est les différentes formes d’amour. On y voit l’amour familial que Machida connaît bien puisqu’il a été bercé dans cet amour avec sa famille heureuse, bienveillante et aimante. Mais on a également un Machida qui se pose des questions sur l’amour avec un grand A, celui qu’il ne connaît pas et qui semble trop complexe pour lui. On a également l’amour sous forme d’amitié qui apparaît, que ce soit avec la relation avec ses camarades de classe qui est plus qu’amicale puisque Machida est plutôt populaire à son insu, qu’avec le personnage de Nishino qu’on aperçoit pendant un chapitre, ou encore l’amitié complexe avec Inohara qui pourrait bien évoluer vers un autre type d’amour peu à peu (je l’espère). Au fond, Machida ne comprend que l’amour familial, et a du mal à se rendre compte du reste.

C’est un manga dans lequel on va voir notre personnage grandir, réfléchir à des questions existentielles pour son âge, développer ses sentiments et sa personnalité, le tout, dans la bienveillance et à travers des rencontres qui vont le marquer et lui apprendre que tout n’est pas noir ou blanc dans la vie. Je trouve que ça va être vraiment intéressant de suivre ce personnage, de le voir évoluer et s’humaniser au fur et à mesure qu’il grandit, apprend, aide et aime.

 

Machida aime les gens et les gens l’aiment en retour.

– Narration

 

Étant donné que j’ai déjà énormément parlé de Machida, je vais me concentrer sur le deuxième personnage qui m’a le plus marqué dans ce premier volume: Inohara. Inohara est une camarade de classe de Machida qui sèche énormément les cours tout en maintenant d’excellentes notes, et qui déteste profondément les gens car elle a été blessée aussi bien par un cadre familial absent, que par une vie scolaire où on l’a ignorée injustement. Lors de sa rencontre avec Machida, elle est blessée au point de fréquenter de mauvaises personnes, mais heureusement, notre Saint Bernard mondial est là pour l’aider. Tous les deux sont totalement opposés, et pourtant ils vont se rapprocher jusqu’à devenir peu à peu amis. Inohara est difficile à approcher, mais Machida ne va pas laisser tomber, va tout faire pour l’apprivoiser, l’aidant ainsi à fuir ses démons intérieurs et à retourner vers le droit chemin.

Cette relation entre les deux est touchante et j’espère vraiment qu’elle va continuer de s’étoffer au fil des volumes. Machida va aider Inohara à grandir et à s’épanouir, et je pense qu’Inohara va aider indirectement Machida à développer des sentiments qu’il ne comprend pas pour le moment. Bien qu’ils sont totalement opposés, ils vont au fond plutôt bien ensemble et peuvent créer une relation utile entre eux.

Chaque personnage que Machida va rencontrer a un peu le même rôle, mais en moins puissant je pense. Chacun va laisser une marque sur notre personnage principal, le façonner peu à peu, le faire mûrir et lui apprendre les sentiments que eux possèdent.

En ce qui concerne les dessins, le style est un peu ancien sur les bords, les chara designs ne sont pas très beaux, mais ça a son charme et les personnages sont tous reconnaissables. On a peu de décors, mais beaucoup de trames et étonnamment les dessins dégagent une bonne ambiance en fonction de la scène qui se déroule, l’auteur ayant su créer des scènes qui marquent aussi bien par le texte que par le dessin.

Par contre, il y a des mises en pages aux cases complexes, osées, que j’apprécie bien, notamment avec beaucoup de formes plus triangulaires que rectangulaires, qui ajoutent un cachet au titre. Le dessin n’est donc peut être pas toujours précis et beau, mais il nous plonge davantage dans l’histoire et on finit par succomber à son charme.

 

En conclusion, Le Petit Monde de Machida est un manga qui va vous marquer. C’est un titre Slice of Life, Feel Good, rempli de bienveillance qui vous réchauffera le cœur. On a un personnage principal attachant, maladroit, qui a du mal à comprendre ses propres sentiments, mais qui donne tout pour aider les autres et les rendre heureux. L’histoire est touchante, mignonne, remplie de réflexions sur des thèmes qui reviennent comme la famille et les différentes formes d’amour. C’est un titre où le personnage principal va évoluer, grandir, à travers des rencontres qui vont le changer, lui faire comprendre ses points forts, et l’aider à apprendre des aspects de la vie qu’il ne soupçonnait pas. C’est un manga qui peut servir de modèle pour des personnes dans le mal, qui remonte le moral et vous fait passer un moment de calme et de douceur.

L.

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