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Goodnight World

Le combat d’une 

“Famille” pour 

trouver le 

bonheur.

Goodnight World est un Shônen de Okabe Uru publié au Japon depuis 2016 et terminé en 5 Volumes. Le premier tome nous arrive aux éditions Akata en Octobre 2021. Cet auteur ne vous est peut être pas inconnu. Il a en effet publié un autre manga, sorti également chez nous aux éditions Akata et du nom de World War Demons.

 

La guilde Akabane regroupe une partie des plus gros joueurs de tout PLANET, un MMO en réalité virtuelle pas mal connu et populaire.  Plus qu’une guilde, celle-ci est un substitut de famille pour Ichi en réalité appelé Taichirou, qui est en rupture sociale et ne parvient pas à s’entendre avec sa vraie famille. Mais l’existence du Blackbird of Happiness va bouleverser leur petit quotidien de fausse famille. Entre révélations et guerres de guildes, les Akabane vont devoir s’accrocher pour leur survie tandis que la réalité les rattrape peu à peu.

 

Pour commencer, on peut dire que ce premier tome est assez introductif. L’auteur prend le temps de placer son scénario, on se familiarise avec l’univers dans lequel on va se retrouver et cette dualité entre le jeu et la réalité qui est omniprésente. On découvre des personnages tout le long du tome, dont nos principaux qui sont, vous verrez, pas si inconnus les uns des autres que ça.

En tout cas, l’auteur sait toujours aussi bien dynamiser son titre par des rebondissements en tout genre, que ce soit par les guerres entre guildes, un événement dans le monde réel ou encore la présence du Blackbird. On a sans cesse des retournements de situation alors même qu’il nous introduit parfois encore l’histoire, nous poussant à être accroché à la lecture et nous happant dans son scénario. Connaissant l’auteur, ces rebondissements ne feront que s’intensifier par la suite, nous plongeant toujours plus dans son histoire.

De ce fait, on a pas le temps de s’ennuyer. Les tomes d’introduction sont parfois compliqués à lire comme à écrire, mais ici on dévore le manga comme on dévorait World War Demons à l’époque.

D’emblée, le style de l’auteur est très reconnaissable, que ce soit par le dessin que par la manière dont se construit l’histoire. On a des personnages très torturés, que ce soit dans leur vie quotidienne, physiquement ou moralement, que par un événement traumatisant du passé. L’œuvre est donc aussi psychologique que pouvait l’être World War Demons et vous pouvez être sûr que chaque personnage cache une blessure en lui qu’il a du mal à révéler et à guérir. On a alors toujours cette quête de la famille avec les Akabane mais aussi du bonheur avec le Blackbird of Happiness. Les personnages semblent tous chercher dans ce jeu un moyen de fuir leur souffrance et de connaître un soupçon de paix, mais l’appât du gain ne les rendra-t-il pas plus malheureux au final? Car ce Blackbird qui doit leur apporter le bonheur, amène également l’argent, l’argent fait le bonheur pour certains, mais ce blackbird est probablement bien plus destructeur que ce qu’on peut croire d’après moi.

En tout cas, pour le moment je trouve Goodnight World plus gentil avec ses personnages que World War Demons qui n’hésitait pas à les torturer, les blesser, les tuer, offrant une souffrance moins gore et gratuite dans ce premier tome mais cela va-t-il durer?

 

Si cette chose est vraiment le Blackbird, alors la vie de A est en danger.

– Leon

 

Vous l’aurez compris, Goodnight World se passe en grande partie dans un jeu vidéo, comme beaucoup de mangas de nos jours. C’est donc un point assez déjà-vu, d’autant que le thème de l’autre monde est entièrement exploité entre ce genre là et celui des Isekai. J’espère cependant que le côté déjà-vu du monde virtuel ne va pas empêcher de potentiels lecteurs de se lancer dans la lecture, surtout qu’il y a tout de même beaucoup de points intéressants qui se mettent en place au fil de la lecture entre la psychologie complexe des personnages très souvent sous entendue et le côté survival qui fait peu à peu son apparition. Ce manga a de quoi plaire si on prend le temps de s’y pencher, et si vous avez aimé la précédente œuvre de l’auteur vous apprécierez certainement celle-ci.

Côté scénario j’ai l’impression que l’auteur a appris à être plus posé, à créer une histoire plus cohérente que bizarre. J’ai moins cette sensation de malaise que j’avais dans son autre manga et je trouve qu’il a beaucoup progressé. Après je me doute bien que vu le style de Okabe Uru, plus on va avancer dans l’histoire, plus un côté bizarre va se développer, voire même surnaturel. Si c’est vraiment le cas, cela donnera un autre petit point intéressant et prenant pour ce titre déjà riche en thèmes et diversité.

En effet, la diversité n’est pas ce qui manque a ce titre. En plus de la psychologie et de l’action omniprésente tout au long du volume, on a une partie mystère et enquête qui se développe peu à peu et s’accentue en fin de tome avec le Blackbird. Le rajout de cet élément fantastique ressemble bien à l’auteur qui aime ajouter du bizarre, du moins compréhensible à l’intérieur de ses histoires. Cet oiseau nous questionne et on a hâte d’en découvrir un peu plus.

En conclusion du scénario, on peut avouer que le tome un est une très grande réussite. Il est accrocheur, dynamique, nous laisse sur une surprise même si nous, lecteurs, étions déjà au courant de la révélation qui y est faite. Au final, il introduit parfaitement l’histoire, l’univers, les personnages, le tout sans ennuyer un seul instant, rythmant à la perfection. C’est un tome d’introduction très bien maîtrisé qui n’annonce que du bon pour la suite.

Les personnages de Goodnight World sont très nombreux rien que dans ce premier tome. Seulement, les détailler pourrait maladroitement vous spoiler, c’est pourquoi je ne parlerais que de notre personnage principal, Arima Taichirou alias Ichi.

Taichirou est, semble-t-il, un jeune adulte reclus, qui vit enfermé dans sa chambre, allant jusqu’à sauter trois jours de repas et ne sortant que lorsqu’il se sent faible. Il ne s’entend pas du tout avec sa famille ou plutôt, ne sait pas comment se comporter avec. En effet, il s’inquiète pour eux mais ne parvient pas à dire ce qu’il pense, se cachant derrière un masque et se braquant sans cesse. On voit bien qu’il a été traumatisé par un événement qui s’est passé au sein de sa famille et qu’il ne parvient pas à le surmonter. On a quelques indices dans ce premier tome, mais pas assez pour le moment pour vraiment comprendre d’où vient ce traumatisme. Il sera intéressant de le voir progresser sur le plan psychologique et de voir si oui ou non il renouera avec sa famille et sortira de sa chambre à nouveau. C’est un personnage qui peut paraître sombre et désagréable au premier abord, mais qui aurait en vérité besoin d’un environnement aimant pour être capable de dire le fond de sa pensée et montrer sa gentillesse.

Tous les autres personnages ont également une psychologie intéressante et déjà dans World War Demons, leurs souffrances et leurs manières de les surmonter ou non permettaient de les rendre passionnants et complexes, offrant un dynamisme et un intérêt en plus pour le scénario déjà bien complet.

En ce qui concerne les dessins, l’auteur a bien progressé depuis son précédent manga même si son style est encore parfaitement reconnaissable. Les personnages donnent parfois l’impression de ne pas être très bien dessinés, ou d’avoir un chara design un peu particulier mais on s’y habitue plutôt vite. Certains protagonistes par contre ressemblent énormément à d’autres de World War Demons et je trouve dommage qu’il n’ai pas complètement su se couper de son ancien titre.

Les décors sont parfois un peu vides mais la mise en page des planches et les trames donnent bien l’ambiance du titre. L’auteur sait créer des décors et des scènes détaillés, poignants, qui nous happent toujours plus dans notre lecture. C’est seulement dommage que la qualité ne soit pas au rendez-vous pour chaque planche.

 

En conclusion, Goodnight World nous propose le tome d’introduction parfait, maîtrisé juste comme il faut. Le scénario est bien présenté, fait envie, les personnages ont des psychologies complexes et passionnantes, on ressent bien le style de l’auteur qui vaut vraiment le détour, le tout est dynamique entre action, drame, enquête, mystère. On aperçoit déjà cette quête du bonheur qui est omniprésente dans les œuvres de Okabe Uru, tout comme les personnages torturés et souffrants aussi bien mentalement que physiquement. C’est un titre plus complexe qu’il n’y paraît qui nous présente un thème déjà traité mais d’une manière plus psychologique, avec un dessin vraiment particulier mais appréciable. Pour le moment il me laisse une très bonne impression et j’ai hâte de lire la suite. Si vous recherchez un titre psychologique, mystérieux et qui possède un bon rythme, celui-ci devrait vous plaire, d’autant qu’il ne fera que cinq tomes.

L.

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