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Les Promeneuses de l’Apocalypse

Petit Road –

Trip post-apo !

 

Les Promeneuses de l’Apocalypse est un Seinen de Sakae Saito. Il est publié au Japon depuis 2020 et compte à ce jour trois tomes. En France, le manga est édité chez Doki-Doki dont le premier volume est sorti en Juillet 2022. Il est traduit par Marylou Leclerc.

L’auteur n’a pas d’autres mangas publiés chez nous mais peut-être le verrons-nous bientôt avec son spin-off de la série Super Cub.

Dans un Japon ravagé, Yôko et Airi qui viennent tout juste de sortir de leur bunker, se mettent à voyager à travers le pays. Elles découvrent alors de somptueux paysages où l’urbanisme et la nature ne font désormais plus qu’un.

Je ne le dirai jamais assez, mais j’adore le post-apo ! Par ailleurs, celui-ci vous fera certainement penser à Girls’ Last Tour, mais le délire n’est pas tout à fait le même, vous verrez.

En tout cas, comme le dit si bien Doki-Doki, bien que ce soit post-apo, c’est très feel good. On n’a pas le temps dans ce premier volume de sentir le poids de la solitude. Les deux héroïnes sont toujours occupées, elles sont émerveillées par les somptueux décors. Et vous savez quoi ? Nous aussi !

Si vous êtes habitué ou non au post-apo, sachez qu’ici on part sur un monde où la nature reprend ses droits, on peut donc reprendre un terme notamment utilisé dans le manga Terrarium, celui de l’arcologie. Pour rappel, l’arcologie correspondait à une “harmonie” entre architecture (humaine) et écologie / nature. À notre époque, un toit végétal par exemple, peut-être considéré comme tel, mais dans une moindre mesure soyons honnête.

Au travers de nos deux héroïnes, nous allons pouvoir observer les merveilles que la nature a pu créer, après tout, c’est vraiment classe ! Surtout que nous sommes centrés sur la contemplation, certes, il y a des dangers, des robots qui ont un peu déraillé par exemple. Oui des robots, d’après les dates distillées un peu partout, l’époque est légèrement postérieure à la nôtre, l’apocalypse serait survenu vers les années 2030 et à l’heure où Yôko et Airi sont sorties de leur bunker, on peut estimer que 10 ou 15 ans sont passées. Ce qui explique l’état global de l’environnement, cela correspondent aux estimations que l’on connaît si jamais un tel événement survenait réellement.

Les lieux ont donc pour la plupart gardé une apparence reconnaissable, en effet, Yôko retrace les pas de sa sœur des années plus tôt avec les bâtiments encore en état, et tout est toujours identifiable -sauf pour ce qui a coulé, oupsi-. Oui puisqu’a priori, le niveau de la mer a augmenté, submergeant ainsi certaines zones, des tunnels, des bâtiments et tout ce qui aurait pu l’être !

Qui plus est, les changements ne concernent pas seulement la flore et les constructions humaines. La faune a eu le droit à son lot d’évolutions. Ce n’est pas la chose qui saute le plus aux yeux car seulement une dizaine d’années se révèle être une période bien courte pour qu’il y ait des grands changements avec des espèces nouvelles ou des mutations drastiques. Par contre, les lieux d’habitations changent forcément, surtout pour la mer qui, en pleine expansion a apporté son lot d’espèces, je ne vous en dis pas plus car les scènes valent le coup d’être vues !



Pour apercevoir tout ça, il leur fallait un moyen de locomotion, et quoi de mieux en apocalypse que… la moto ! Je ne vous le cache pas, je suis un grand fan, que ce soit de la moto tout court ou encore de la moto dans un monde post-apo. Oui, j’étais le genre à adorer Daryl de The Walking Dead pour ça, pas de jugement hein ? Je suis sûr qu’on était plein à le penser ! Et plus récemment, la moto du début dans Bucket list of the dead et tous les passages avec sont absolument géniaux et correspondent totalement à la philosophie du manga ! En bref, la moto, qu’importe l’endroit où le moment, c’est la liberté !

Pour les connaisseurs, c’est un modèle existant qui a été choisi par Sakae Saito, une Yamaha XT 225  (ou Serow 225 comme elle fut appelée sur le marché asiatique). Dans le manga, nous avons le droit à une version modifiée puisqu’elle est ici électrique, il y a d’ailleurs un passage là-dessus. En effet, tout comme je suis fan de moto, le personnage de Yôko l’est tout autant !

Cette moto va de pair avec la prochaine partie constituée du côté survie, du voyage et de l’ambiance !

C’est une moto pas très grande typée off-road, et comme on n’est pas sur une grosse BM, il y a un problème de place. C’est quelque chose que l’on voit à plusieurs reprises, car, qui dit survie, dit recherche de vivres, et pour ce faire, elles ne prennent que le nécessaire et en laisse toujours pour de potentiels survivants qui passeraient par le même endroit, en indiquant qui plus est l’endroit exacte où les provisions se trouvent. Un choix poussé par leur gentillesse, mais également par le fait qu’elles ne peuvent tout simplement pas tout emmener, elles n’en ont pas la place.

Cela correspond toutefois bien mieux à leur voyage, elles sont libres et n’ont qu’un souhait, visiter ce monde qu’elles n’ont pas vraiment connu. Elles ne restent donc jamais au même endroit et se déplacent constamment. Elles cherchent alors régulièrement des endroits pour se reposer, se nourrir…

De là en découlent plusieurs sentiments. La liberté, comme je le disais plus tôt, mais pas seulement. Leur curiosité les pousse à visiter, voir tout ce monde les rend heureuses, elles ne font que découvrir, bien qu’Airi possède des connaissances sur tout ça. Et du coup, au lieu d’avoir un récit qui aurait pu être pesant en sentant une nostalgie constante vous mettant la larme à l’œil, ou en sentant une puissante solitude, seuls de rares moments vous font sentir ainsi, la majorité du temps c’est une véritable bouffée d’air frais ! C’est un plaisir de découvrir tous ces lieux avec elles, même si leur survie ne semble pour le moment pas compliquée, elles arrivent à s’en sortir avec l’électricité pour la moto, elles trouvent suffisamment de vivres, donc pas de warning constants en mode : attention on a plus beaucoup de ressources, on va tous mouriirrrrrrrrrrrrrrrrrrrr.

Non, on peut dire que ça va. Elles vivent correctement en manquant juste un peu de confort. Alors, comme je disais, il y a des moments émotions, comme une discussion entre les deux sur la moto qui serrera un peu votre cœur mais vous aurez surtout le sourire. Finalement, même un certain passage se révèle plus beau que triste.

Il y a également des scènes que je trouve plus sujettes à interprétation, lorsque Yôko regarde les photos de sa sœur. Il est difficile de savoir ce qu’elle pense dans ces moments-là, elle paraît plutôt satisfaite de suivre sa route mais est-ce que cela cache une certaine tristesse ? Peut-être bien, peut-être pas, et vous ? Si vous l’avez lu ou si vous comptez lire, n’hésitez pas à nous donner votre avis dessus.

En tout cas, si tout cela me plaît actuellement, il y a une chose qui me chiffonne: L’apocalypse. Ce tome ne nous donne pas vraiment d’indices sur les causes et les raisons, on trouve des robots mais ça ne ressemble pas spécialement à une simple rébellion d’IA comme l’on connaît déjà, ça pourrait être des causes naturelles mais si c’était le cas, pourquoi l’extérieur serait considéré comme dangereux alors que la catastrophe est passée. Et pourquoi il y aurait-il si peu de survivants ? Un indice est donné à la fin sur des potentiels survivants mais il pose plus de questions qu’il ne donne de réponses.



Pour la partie personnages, cela va être court. Je ne peux vous parler concrètement que de Yôko et Airi.

La première, Yôko est une humaine qui a semble-t-il vécu quasi exclusivement dans un bunker. Elle n’a donc pas de connaissances directes du monde au-dessus de sa tête bien qu’elle ne découvre pas tout non plus grâce aux différentes informations auxquelles elle avait accès.

C’est une fille joyeuse, curieuse qui, sans surprise, possède un léger manque de maturité. Mais cela est loin d’être chiant, au contraire, elle ajoute une touche de naïveté bienvenue et surtout une insouciance et une frivolité qui contribue à l’aspect feel good.

“On est enfin à la mer. Je vais pêcher jusqu’à m’en arracher les bras !”

– Yôko.

Airi quant à elle, est un personnage mignon dont l’espèce est encore à définir ! Elle m’a rapidement fait penser à Renge Miyauchi de Non Non Biyori, pour son côté mignon et affectueux, jusqu’à ce que je me demande si la ressemblance n’allait pas pencher pour Mikoto Misaka, alias la railgun de la série Toaru majustsu ( a certain scientific chez nous). Oui, ça fait un sacré mélange on est d’accord ! Mais c’est aussi pour ça que le personnage est aussi bien et attachant ! Elle a de multiples utilités, elle ajoute du mystère, tout en servant de solution à des problèmes et en plus, elle sert au comique en complétant ce merveilleux duo !

C’est un personnage coup de cœur et que je trouve absolument irremplaçable dans le manga !

Côté dessin, Sakae Saito a redoublé d’efforts, nous proposant un chara-design vraiment chouette et en mettant l’accent sur les décors. Les paysages sont dingues, les doubles planches sublimes tout en arrivant à garder un côté réel. Il a également fait un super travail sur la moto avec tous les détails nécessaires, par ailleurs, je le soupçonne d’être un grand fan d’automobile de manière générale au vu des détails sur les véhicules que l’on peut croiser au fil du tome.

Pour faire simple, on est plus proche du coup de génie que du simple coup de crayon !

Alors ma conclusion vous la voyez venir. C’est un grand oui. L’univers me parle, je fais clairement partie de la cible visée et ça m’a séduit directement, dès l’annonce de Doki Doki pour tout vous dire. Le post-apo est réussi, le monde est crédible, les personnages nous font voyager et c’est extrêmement plaisant. Pour continuer sur elles, elles sont cools, elles sont différentes mais ont une superbe symbiose et se complètent de manière royale. C’est un pur plaisir de les suivre dans leur voyage et les dernières séquences à la fin du tome nous indiquent que l’histoire risque d’aller plus loin, et heureusement, car c’était l’une de mes inquiétudes.

Amateurs de post-apo, que faites-vous à lire encore cette critique, vous avez déjà tout, lisez Les Promeneuses de l’Apocalypse et revenez-nous voir pour partager votre avis sur ce titre ! Et pour ceux qui seraient craintifs de ce côté-là, demandez-vous si vous avez envie de voyager, de lire un manga contemplatif et léger… Si oui, il devrait vous plaire également ! À noter qu’il y a toujours des petites touches d’humour à droite à gauche, c’est placé intelligemment et c’est toujours bienvenu !

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H.

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