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Denjin N

Un stalker 

foudroyant

/!\ Présence de scènes violentes et gores, ne convient pas aux plus jeunes /!\

Denjin N est un Seinen de Yuu Kuraishi au scénario et Kazu Inabe au dessin avec Kuu Tanaka au Concept Original. C’est un manga terminé en 4 tomes, publié au Japon entre 2019 et 2020. En France, les éditions Pika se sont emparées du titre fin 2021 et terminent la licence en Mai 2022.

 

Les auteurs ne vous sont peut être pas inconnus, ils ont déjà été publiés chez nous par Pika avec Fortress of Apocalypse ou encore Starving Anonymous.

Nasu Tadahiro est un jeune homme qui n’a pas eu de chance dans la vie. Persécuté à l’école, d’un père qui a fui en laissant ses dettes et d’une mère alcoolique, il a quitté le lycée et vit maintenant de petits boulots où il est toujours insulté et maltraité. Son seul réconfort est d’encourager son Idol préférée: Kanzaki Misaki du groupe Les Fées, en la regardant à travers son casque de réalité virtuelle. Mais suite à un accident assez cocasse, il se retrouve capable de se déplacer dans n’importe quel système électrique et de le posséder. Il décide alors de veiller sur son Idol et de tout faire pour qu’elle soit heureuse. Absolument tout.

 

Denjin N est un manga à la hauteur de ce qu’ont déjà fait ses auteurs. En effet, on les connaît pour leurs récits à suspense, haletants, prenants, gores et cruels avec toujours une grosse pointe d’originalité. Ici, on retrouve bien leur patte, Denjin N est prenant, mystérieux, gore, cruel et son originalité se trouve dans son personnage principal qui se déplace dans les systèmes électriques.

Comme je l’ai dit, c’est un titre gore, voire très gore même, qui vous retournera l’estomac plus d’une fois. Rien que dans le premier volume on aperçoit pas mal de morts assez horribles, souvent déjà vues, mais elles sont toujours poussées à l’extrême pour angoisser le lecteur et appuyer sur la cruauté du protagoniste. Ce côté cruel et meurtres gores me rappelle notamment Last Hero Inuyashiki avec le personnage de Hiro (je me souviendrais toujours de cette scène affreuse dans le bain qui m’a traumatisé).

On est clairement avec un personnage fou qui perd toute notion du bien et du mal et qui, pour protéger et aider son Idol, ira jusqu’à tuer des gens innocents. On retrouve ce problème de discernement entre le bien et le mal que j’avais remarqué dans Platinum End. Le héro, si on peut l’appeler héro, est tellement encré dans sa folie, n’a tellement connu que la cruauté, et est si obnubilé par son Idol qu’il ne se pose même pas la question de savoir si Kanzaki sera heureuse de son geste ou non, allant jusqu’à la traumatiser elle-même en lui faisant assister à ses meurtres aux airs paranormaux.

On y retrouve donc du stalker fou de Oshi no Ko qui vrille totalement et veut son Idol pour lui tout seul, mais on pourrait également comparer Nasu à Yuno de Mirai Nikki qui sombre dans la folie pour son petit Yuki. Tout ça pour dire qu’on a un manga qui met en place un personnage stalker, dérangeant et dérangé, qui ne se rend pas compte du mal qu’il fait et qui est perdu dans sa folie. Si vous aimez les personnages cruels, fous, qui partent en vrille en obtenant un pouvoir qui les rend surpuissant, ce manga est fait pour vous.

Heureusement, les auteurs nous proposent non seulement de suivre cette folie, mais également d’enquêter dessus et sur ce mystère qui a fait de notre héros un monstre électrique. On y retrouve alors l’aspect enquête et poursuite qu’on avait dans Death Note, avec des génies un peu spéciaux aux commandes. Ceux-ci investiguent rapidement et de manière plutôt efficace rien que dans le premier volume et ce n’est donc pas étonnant que le manga fasse un total de 4 tomes. Mais Nasu n’est pas prêt de dire son dernier mot et leur donne du fil électrique à retordre. J’ai seulement peur de ne pas retrouver les joutes psychologiques et intellectuelles qu’on pouvait avoir dans Death Note, Nasu n’étant clairement pas le garçon le plus intelligent.

Si vous cherchez un Thriller qui ne vous laisse pas souffler et qui vous choque par des scènes insoutenables, Denjin N est une série courte qui devrait vous plaire, du moment que vous n’en cherchez pas un terre à terre ou avec des joutes psychologiques incroyables. En tout cas le tome un a été très prenant, on n’a jamais eu le temps de se remettre de nos émotions, il s’y passe tout le temps des morts horribles et on garde sans cesse dans un coin de notre tête la possibilité que Nasu finisse par contrôler le monde. Il en a clairement les moyens et on se demande comment toute cette histoire va se terminer, les auteurs parviennent à nous intriguer et à nous donner envie de lire la suite, ce qui est un excellent point malgré sa ressemblance à de nombreuses autres œuvres.

 

Je me sens très léger et capable d’aller où je veux..

– Nasu Tadahiro

 

En ce qui concerne les personnages, j’en ai déjà pas mal parlé mais le duo Sudou m’intéresse particulièrement de par leur côté détaché, leurs cernes sous les yeux qui est à mon avis clairement un référence à L de Death Note, et leur génie qui me fait me demander si eux aussi n’auraient pas des pouvoirs spéciaux. En tout cas, du peu de temps qu’on les a vu ils sont plutôt classes, bien qu’étranges.

J’aime également beaucoup le duo d’enquêteurs Azuma et Yanagida, tous les deux très détachés de leur travail, allant jusqu’à parler de leur hobbie sur une scène de crime affreuse. Ils détendent un peu l’atmosphère même si je doute que ça reste le cas après cette fin de volume haletante.

Quant à Kanzaki Misaki, j’ai peur qu’elle ne finisse par penser qu’elle est la cause de tous les meurtres et ne sombre dans la folie. C’est une jeune fille qui fait de son mieux pour réussir mais qui a malheureusement attiré l’œil d’un fou aux pouvoirs un peu trop impactants. Je pense que sa vie sera inévitablement gâchée par les agissements de Nasu et qu’elle ne pourra clairement pas finir heureuse comme il le souhaite.

On a croisé bien d’autres personnages dans ce premier volume, mais ils sont plutôt oubliables ou morts pour la plupart, ou alors ils ne m’ont pas intéressés plus que ça. En tout cas, c’est un titre dans lequel on va entrevoir beaucoup de monde, mais dont seulement une poignée sera importante et permettra de faire avancer l’histoire.

Pour terminer, j’ai du mal à accrocher au style de dessin. Les personnages ont des visages qui me dérangent un peu, c’est un style particulier et les bouches sont souvent trop grandes à mon goût. Par contre tout est bien dessiné hein, c’est juste une question de goût. Les scènes gores sont parfaitement bien représentées, parfois un peu trop bien, il m’est arrivé de détourner les yeux plus d’une fois. De même pour les émotions chez les personnages et notamment la folie dans le regard de Nasu que j’ai trouvé frappante. Les décors sont quant à eux très encrés et réalistes, bien présents mais je me demande s’il n’y a pas eu l’utilisation de modèles 3D pour s’aider. En tout cas, ils vont bien avec l’histoire.

Mis à part le fait que je n’accroche pas trop au style du dessinateur, les dessins sont d’un bon niveau et permettent pleinement de nous plonger dans ce titre terrifiant. D’ailleurs j’aime énormément les couvertures du manga qui attirent l’œil et qui créent une réhumanisation de Nasu au fil des volumes. N’ayant pas lu la suite, je n’ai que deux hypothèses: Soit on montre qu’il reprend conscience de ce qu’il fait, soit les enquêteurs parviennent peu à peu à mettre un visage sur lui. Quoi qu’il arrive si une des hypothèses est juste, je trouve les couvertures vraiment impactantes, cohérentes et passionnantes à observer.

 

En conclusion, Denjin N est une descente aux enfers d’un jeune homme devenu fou et qui se retrouve soudain à avoir des pouvoirs qui le dépassent. C’est la représentation même du personnage fou, du stalker terrifiant qui va commettre des actes impardonnables qu’il jugera justes, mais qui seront en vérité mauvais. C’est une enquête déroutante, gore, haletante et en même temps passionnante qui nous propose des personnages atypiques et pourtant si ressemblants d’autres mangas. Denjin N est un Thriller qui vous laissera sans repos et le seul point qui m’inquiète, c’est que tout se résolve trop vite ou que la joute psychologique entre les enquêteurs et le meurtrier ne soit pas aussi impressionnante qu’espérée, mais ce n’est que mes peurs à moi. Si vous aimez Death Note, si vous aimez les meurtriers fous, les morts à la Destination Finale, ce manga en quatre volumes pourrait vous plaire!

L.

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