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Colocataires à leur Manière

Apprivoisement 

commun

Colocataires à leur manière est un Shôjo scénarisé par Minatsuki et dessiné par As Futatsuya. Il est publié au Japon où il comporte actuellement 8 tomes toujours en cours. En France, les éditions NobiNobi nous le proposent depuis Juin 2022 dans leur collection Genki.

Un anime est également disponible depuis 2019 chez Crunchyroll !

 

Subaru Mikazuki est un écrivain de romans policiers à énigmes de 23 ans, qui vit seul dans son ancienne maison familiale, détestant sortir et parler avec d’autres gens. En vérité, il est un homme torturé par la perte de ses parents dont il a du mal à faire le deuil, jusqu’au jour où il fait la rencontre de Haru, une chatte sauvage qu’il adopte pour trouver en elle l’inspiration qui lui manquait pour son prochain roman. Commence alors une colocation particulière, où un homme asocial va devoir apprendre à gérer un chat sauvage au comportement parfois incompréhensible.

 

Vous l’aurez deviné comme à chaque fois que je fais une critique sur un manga comportant des chats: J’aime les chats, donc j’ai adoré ce manga. Achetez-le. Fin de la critique.

Trèves de plaisanterie! Ceux qui aiment les chats, vous adorerez certainement ce manga! C’est un Slice of Life, on y suit les moments de vie de l’écrivain avec son chat, de l’apprivoisement qui s’opère petit à petit chez l’un comme chez l’autre, le tout en deux points de vue différents! On suit effectivement une première partie de chapitre du point de vue de l’humain, puis ces mêmes événements de la vue du chat, le tout sans jamais ressentir la moindre redondance.

En plus cette œuvre est remplie de scènes mignonnes, Haru a de véritables réactions de chat, à la fois un peu bêtes, perturbantes et en même temps tellement touchantes. De même, on voit Mikazuki s’ouvrir peu à peu au chat, même si pour le moment c’est assez timide, et c’est attendrissant de le voir apprendre à s’en occuper, oser le caresser, prendre autant soin de lui au point qu’il s’en retrouve capable de sortir de chez lui pour lui acheter à manger.

C’est un titre qui vous fera sourire plus d’une fois par son aspect mignon, mais aussi par les nombreux quiproquos qui se créent. En effet, Mikazuki n’est pas très doué pour s’exprimer et pour comprendre son chat, de ce fait, il se passe souvent des instants d’incompréhension, que ce soit entre lui et Haru, qu’avec un autre être humain. Ces quiproquos et les réactions qui en découlent ajoutent de la légèreté au manga et nous font encore plus apprécier notre lecture.

Colocataires à leur manière est certes fortement basé sur la relation d’un homme et de son chat, mais pas que. On a effectivement un épais voile de nostalgie et de tristesse, que ce soit chez Haru ou Mikazuki. La question du deuil, du traumatisme et du vide laissé revient régulièrement, au début discrètement, puis de plus en plus clairement à force que le passé soit peu à peu révélé. On découvre que nos personnages sont plus torturés qu’il n’y paraît par leur passé et si au début on les voit souffrir seuls, on remarque surtout que ce deuil va être recouvert par la découverte de leur relation. Tout comme dans Le chat qui rendait l’homme heureux – et inversement –, le chat et l’homme vont se rapprocher peu à peu, apprendre à se connaître, se réconforter et se rassurer, et petit à petit, ils vont s’ouvrir au monde extérieur, même si pour le moment c’est encore un peu compliqué. J’ai hâte de les voir s’épanouir tous les deux et former une vraie famille!

En tout cas, la fin de volume m’a bien donné envie de me procurer la suite du manga puisqu’on se retrouve avec deux cliffhangers de fin de volume: Un côté humain, et un autre bien différent côté chat. (même si j’ai vu l’anime et que je sais ce qui se passe ensuite héhé). Ce premier volume était vraiment agréable à lire, réunissant mignon, drôle et en même temps un peu plus de tragique,  le bon mélange pour un manga intéressant et prenant. Surtout que vraiment, ce jeu de double point de vue est bien mené et est intéressant à découvrir, même si vous n’aimez pas les chats, je pense que cette particularité peut vous faire apprécier le titre.

 

Il…Il a bougé! L’humain a bougé! Ça…Ça m’a juste un peu surprise, parce que je m’y attendais pas!

– Haru

 

Colocataires à leur manière a beau mettre en scène un homme initialement asociable, qui reste la plupart du temps enfermé chez lui, on croise tout de même déjà quelques personnages dans ce premier volume. Étant donné que je me répéterais en parlant de Haru et en disant à quelle point elle est mignonne, je vais plus me concentrer sur Mikazuki, mais également sur un personnage dont je n’ai pas encore parlé: Kawase.

Mikazuki est un jeune écrivain de 23 ans qui vit seul dans son ancienne maison familiale. Il a perdu ses parents dans un accident et a du mal à remonter la pente. De plus, c’est un solitaire qui n’aime pas sortir et déteste les gens, vivant de sa plume et menant parfois la vie dure à ses éditeurs. Pourtant, on ne peut que s’attacher à cet homme souffrant silencieusement et prenant sous son aile un chat sauvage. Sa maladresse lui fait créer bien des quiproquos mais le rendent en même temps adorable et on ne peut que souhaiter qu’il s’épanouisse. Déjà, dans le premier volume on le voit doucement commencer à changer, grâce et pour Haru dont il s’occupe étonnamment plutôt bien.

Kawase quant à lui, est l’éditeur en charge de Mikazuki. C’est un homme marié, un peu trop fan des chats, qui se moque totalement de se faire griffer du moment qu’il peut les caresser et jouer avec. C’est un homme dynamique, sympathique, qui ressemblerait plus à un ami qu’à un éditeur, et qui s’assure que Mikazuki mange et survive durant ses phases d’écriture. C’est un bon gars qui rajoute un peu plus d’humour, et dont le rapprochement avec Mikazuki prouve que ce-dernier commence à s’ouvrir aux autres! En tout cas, je me demande s’il aurait su apprivoiser Mikazuki sans la présence de Haru, ou s’il aurait abandonné parce qu’il me semble être un homme extraverti, prêt à tout pour mener à bien son travail.

Enfin, en ce qui concerne les dessins, les chara designs sont appréciables même si les visages sont parfois un peu trop étendus et pointus. Les planches proposent énormément de petites cases à la disposition osée et avec énormément de texte, et les trames cachent bien le manque de décors de certains endroits, si bien qu’on a jamais de sensation de vide. Le dessin du chat est vraiment mignon et on a énormément de cases adorables, un peu plus grandes, qui nous offrent des planches touchantes à regarder.

Franchement je n’ai rien à redire sur le dessin qui se démarque des autres styles mais qui est amplement suffisant pour un manga slice of life. (Et puis Haru est mignonne)

 

En conclusion, amateurs de chats, si vous ne l’avez pas encore acheté, procurez-vous ce manga! C’est un titre réconfortant, plein de scènes touchantes, mignonnes mais qui propose également une certaine profondeur sur la question du deuil et de la solitude. C’est un titre ou un humain comme un chat doivent s’apprivoiser, et où on va les voir peu à peu s’épanouir. Ainsi, attendez-vous à ce que le nombre de personnages grandissent au fil des tomes, puisque je pense que Mikazuki va ouvrir ses horizons à d’autres gens par la suite, à mesure qu’il surpasse son deuil et qu’il apprend à aimer les autres. En plus, Colocataires à leur manière nous propose un découpage de chapitres très intéressant, avec une première partie du point de vue de l’humain, et une deuxième du point de vue du chat, le tout avec beaucoup d’humour et d’amour! C’est un titre qui se lit très bien malgré ses cases resserrées, et qui vous offrira de nombreuses scènes qui ne pourront que vous donner envie d’avoir un chat, même s’il fait parfois des bêtises!

L.

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