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Failure Frame

Survivre pour 

pouvoir lui en 

coller une

Failure Frame est un Seinen de Kaoru Shinozaki, dessiné par Shô Uyoshi avec au chara-design KWKM. Publié au Japon depuis 2019, il comporte actuellement 4 tomes en cours. En France, Meian s’empare de la licence et nous propose les deux premiers volumes début 2022.

 

Mimori Tôka est un lycéen dont la vie quotidienne est un enfer. Toute sa classe l’ignore, il a des problèmes familiaux, et en plus maintenant il se retrouve invoqué dans un autre monde avec ses camarades et obtient des pouvoirs de Rang E! Comme si ça ne suffisait pas, la Déesse Vysis le considère comme inutile et l’exclu, le téléportant dans un donjon dangereux pour l’y laisser mourir. Elle ne se doute cependant pas que la rancœur va le maintenir en vie et que ses trois pouvoirs pourraient s’avérer bien plus utiles que prévu.

 

Pour commencer on peut dire que oui, Failure Frame est un énième Isekai sortant chez Meian. Ne faisons cependant pas nos mauvaises langues, je vous propose de décortiquer le premier tome pour voir ce qu’il vaut réellement et de ne pas le juger juste par son genre.

Malheureusement, après ma lecture du premier volume, je peux dire que cet Isekai ne brille pas par son originalité. On y retrouve énormément d’éléments déjà-vu et beaucoup de similitudes avec d’autres Isekai sortis ces dernières années. Vous l’aurez compris au synopsis, notre personnage principal commence son aventure en étant faible et délaissé de tous, comme souvent dans les Isekai me direz-vous. On pourrait citer The Rising of the Shield Hero pour son côté haï de tous et sa soif de vengeance. On a d’ailleurs la notion de Rang un peu comme dans Solo Leveling et vous l’aurez deviné, notre protagoniste est un Rang E. Au moins ici l’auteur ne s’est pas attardé avant de traîner son personnage dans la boue. Dès les premières pages on le voit humilié, faible, lynché par tous, et abandonné comme une vieille chaussette. On comprend alors que le but n’est pas de montrer la faiblesse du personnage mais plutôt la manière dont il va se relever.

Et dans ce premier volume, son ascension débute avec très peu de loupés. Il fait partie de ces personnages qui commencent avec rien, se relèvent avec une soif de vengeance et travaillent dur pour étoffer les capacités dites inutiles qu’ils possèdent. Alors certes, il obtient des niveaux très rapidement, un peu comme dans Death March kara Hajimaru Isekai Kyousoukyoku et beaucoup d’autres Isekai dont je n’ai pas les noms en tête actuellement. Mais par contre, il doit utiliser ses Skills pendant un moment afin de les développer et de les rendre plus puissants, un peu comme dans I am a Spider So What? D’ailleurs l’endroit dans lequel il évolue me rappelle également celui de ce-dernier.

Vous l’aurez compris, on peut mixer bien des Isekai existants pour recréer ce titre, ce qui prouve un manque d’innovation flagrant. Cependant, j’ai tout de même trouvé ses pouvoirs intéressants, réfléchissant en même temps que lui à la manière dont il pourrait les utiliser, car heureusement,  Mimori est loin d’être idiot et est même stratége, ce qui le rend bien plus attrayant. Pour en revenir à ses pouvoirs, ils infligent des malus de statut aux ennemis, un peu comme dans un jeu vidéo, et plus il les utilise, plus ils prennent de niveau et permettent de faire d’actions avec. On peut se demander s’il aura la possibilité d’apprendre d’autres sorts par la suite, ou si vraiment il est limité à ces trois là. En tout cas, j’ai trouvé intéressant de le voir utiliser son rôle de support pour devenir l’attaquant principal lors des combats, et vous me direz, vu qu’il est seul pour le moment, il n’a pas trop le choix.

Dans ce premier volume vous aurez le droit à énormément de moments d’action, grâce à des combats contre des ennemis toujours plus impressionnants. Le bestiaire a l’air plutôt vaste ce qui est un bon point et j’ai hâte de découvrir d’autres adversaires, d’autant que je trouve les combats plutôt bien faits. Le seul point qui me dérange, c’est que j’ai peur que les combats se ressemblent tous à cause des pouvoirs limités du héros. On peut cependant apercevoir par moment un autre personnage durant le tome qui, je pense, rejoindra Mimori et permettra de diversifier l’action. En tout cas, grâce aux combats, le tome est vraiment dynamique et se lit très vite, on ne s’ennuie pas et on est emporté dans cette envie de vengeance du héros.

 

Je ferai tout pour survivre…Jusqu’à en coller une à cette connasse de Déesse.

– Mimori Touka

 

On a cependant quelques instants censés être émotionnels, que j’ai trouvé plus gênants qu’autre chose et je me demande vraiment s’ils étaient nécessaires à la suite de l’histoire où s’il on n’aurait pas pu s’en passer, vous comprendrez en lisant le titre, ou alors ça ne vous gênera pas mais moi ça m’a un peu dérangé.

Pour finir sur le scénario, la fin du tome nous annonce un peu plus le speech du monde dans lequel Mimori évolue. Je vous laisserai le découvrir par vous-même, je trouve certains aspects intéressants mais en même temps, j’ai toujours ce sentiment de déjà vu et cette peur que tout soit trop prévisible en conséquence.

Ce premier tome nous fait entrevoir quelques personnages, mais rien que je puisse réellement détailler ici, si ce n’est Mimori Tôka que l’on voit durant toute notre lecture (logique c’est le personnage principal)

C’est un garçon qui n’a jamais connu la belle vie. On voit régulièrement des instants du passé et on remarque que rien n’a été facile pour lui. Il apparaît d’abord comme un personnage faible, misérable, mais très vite la soif de vengeance s’empare de lui et progresse à une vitesse fulgurante. Si son chara-design est plutôt classique, on peut dire que sa personnalité ne va faire que de se renforcer, au point où on peut se demander s’il n’a pas un côté un peu fou en lui à cause de tout ce qu’il a vécut, par la manière agressive dont il parle par moment. Je me demande comment il va évoluer et comment il va se comporter en présence de l’autre personnage qu’on entrevoit dans le premier volume.

Mis à part ces deux là, les autres personnages que l’on aperçoit sont soit déjà insupportables, t’as envie de leur en mettre une, soit faibles et oubliables.

En ce qui concerne les dessins, je les trouve vraiment bien réussis. Les chara-designs sont par moment un peu simples, comme celui de notre héros, mais ils sont propres. Les traits du dessinateur sont précis, le titre en général est très détaillé et agréable à l’œil. Les moments d’action claquent vraiment. On a de jolies perspectives avec les mouvements des personnages. C’est détaillé, beau à contempler, clair et dynamique. Je n’ai pas franchement grand chose à redire dessus.

Quant aux couvertures, elles mettent toujours en scène notre héros avec un second personnage, souvent féminin, de même que le dos nous présente un autre personnage féminin, il ne faut pas se mentir c’est pour attirer l’œil. La couverture est vraiment simple, j’aurai peut être apprécié un peu plus de travail sur le dessin afin de vraiment rendre honneur aux traits qu’on peut retrouver dans le manga même.

 

En conclusion, Failure Frame est un Isekai assez déjà-vu, qu’on peut comparer à énormément d’autres titres, qui parle de vengeance, de héros faible qui devient surpuissant, qui finira certainement accompagné de sa fidèle Waifu un peu farouche au départ et aimante à la fin. C’est cependant un titre dynamique qui propose un large bestiaire et des moments d’action prenants grâce à un dessin propre, précis et détaillé. C’est un manga qui se lit tout seul, qui fait très bien l’affaire quand on veut juste lire un titre fantastique sans trop réfléchir. Ce ne sera cependant pas le Isekai révolutionnaire, je garde un avis mitigé mais le suivrais quand même pour ses combats et parce que je suis curieuse de voir comment les pouvoirs de Mimori vont évoluer et comment sa personnalité va changer.

L.

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