Critiques,  J-K-L,  Maisons d'Edition,  Manga,  Pika

L-DK

Une colocation 

surprise

L-DK est un Shojo d’Ayu Watanabe, publié initialement au Japon en 2009 et dont le dernier tome est sorti en Octobre 2017. Il est édité en France par Pika en 24 tomes, terminé en Novembre 2018.

 

 

Aoi Nishimori est une jeune fille qui vit seule dans son appartement. Elle mène une vie de lycée banale, même si Shûsei Kugayama, le prince du lycée qui l’insupporte depuis qu’il a rejeté sa meilleure amie, vit à côté de chez elle. Néanmoins, cette vie paisible en solitaire va très vite se transformer en cauchemar, puisqu’un imprévu la poussant à inonder l’appartement de Shûsei va la forcer à le laisser vivre avec elle le temps des travaux. Aoi se retrouve alors tiraillée entre la haine et de nouveaux sentiments naissants, ainsi que le besoin de cacher la vérité à sa meilleure amie.

 

Pour commencer, on peut dire que L-DK nous offre un scénario qui peut paraître au premier abord classique, mais qui sait se démarquer de bien des manières, et c’est bien pour ça que l’œuvre a fait un total de 24 tomes. En effet, si l’histoire peut paraître peu attirante pour des gens habitués aux Shojo, Ayu Watanabe a su nous créer des personnages aux caractères forts et attachants, qui mèneront à des situations pour le moins intéressantes et drôles. 

L’un des points forts de L-DK réside dans son humour placé juste là où il faut, que ce soit par les actions un peu illogique de Shûsei, qui est un personnage sans gêne, qui n’hésite pas à agir de manière embarrassante pour obtenir ce qu’il veut, ou bien le personnage d’Aoi qui ne compte clairement pas se laisser faire et qui est une fille pleine de vie et forte. Ce sont ces personnages et cet humour présent dans l’œuvre qui la rendent aussi agréable à lire, aussi rapide à dévorer et c’est un excellent point que j’apprécie chez Ayu Watanabe: La manière dont elle fait progresser une relation entre avancement rapide du garçon qui veut la fille, et l’humour qui permet des situations agréables à suivre, gênantes pour Aoi mais appréciables pour nous.

Également, l’originalité de ce titre vient du fait que les relations entre les personnages progressent à une vitesse fulgurante. Effectivement, en un seul tome, Aoi, qui détestait Shûsei, se retrouve à vivre avec lui, à apprendre à le connaître, et on voit même qu’elle commence à l’apprécier et à l’accepter.  On la retrouve alors à rougir plus souvent en fonction des paroles et des gestes de Shûsei, mais également à se poser des questions sur ses sentiments. 

L-DK n’est pas un Shojo qui a pour but de traîner sur la création de la relation entre nos deux personnages. L’auteur veut nous faire voir bien plus de choses et le fait que les personnages vivent déjà ensemble va permettre de montrer des scènes de couple que normalement on aurait eu à la fin d’une œuvre. On se doute que les personnages vont développer des sentiments l’un pour l’autre et sortir ensemble et tout est poussé pour, l’auteur veut clairement nous mener vers l’après création du couple, et nous présenter des situations qu’on voit moins souvent dans les autres Shojo, tel que la vie en couple plutôt que la découverte de l’amour, même si on ne va pas se le cacher, on y aura quand même le droit au début. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que cette œuvre fait autant de tomes, puisqu’on a le droit de découvrir tout un univers du couple qu’on voit peu habituellement et qui est plutôt vaste.

 

Pour parler plus précisément du premier tome de L-DK, on peut dire qu’il s’agit là d’un tome plutôt riche, qui promet une histoire pleine de rebondissements. Le premier chapitre nous présente les personnages, leur caractère, met en place l’histoire et on a déjà des premiers rapprochements et des aprioris entre Aoi et Shûsei qui s’envolent. 

Le deuxième nous présente la vie en colocation et le début des situations gênantes, tout en nous montrant l’amour de Moe, qui n’arrive pas à abandonner Shûsei et créer donc un premier problème dans l’avancement de la relation entre Shûsei et Aoi. A côté de ça, tous les quiproquos rapprochent les personnages malgré eux et on sent déjà des faiblesses chez Aoi même si elle essaie de se contrôler. 

Le troisième chapitre nous offre des rapprochements plus clairs et des scènes mignonnes, on règle déjà plus ou moins pour le moment des problèmes avec Moe et ça permet de mieux se concentrer sur les sentiments d’Aoi. 

Enfin, le dernier chapitre nous offre un allongement du temps à vivre ensemble qui promet beaucoup de tomes à l’œuvre et un cliffhanger avec un nouveau personnage qui va mettre du piquant pour la suite. On a donc un premier tome qui introduit bien l’histoire et nous met bien l’eau à la bouche, nous poussant à lire la suite et nous promettant moults rebondissements, rapprochements et disputes.

L-DK est un titre sympathique qui vous fera passer le temps de manière agréable, drôle et mignonne et il ne faut clairement pas s’arrêter au premier tome qui n’est qu’une introduction.

 

Pour ce qui est des dessins, j’éprouve le même problème que j’ai eu pour Men’s Life, c’est-à-dire que je trouve les chara-designs assez vieux, et j’ai l’impression que le style d’Ayu Watanabe est quand même relativement resté dans les années 2000. Les décors sont également très simples et l’auteur se repose beaucoup sur les trames pour remplir les fonds au point que les moments clés ne sont plus forcément mis en avant comme il faut. Je pense que le point fort de l’auteur sera plus ici son scénario que son dessin

Enfin, pour parler rapidement des personnages je ne parlerais que des deux plus importants: Nishimori Aoi et Kugayama Shûsei.

Tout d’abord, on peut dire que Aoi est une jeune fille forte et débrouillarde puisqu’elle vit déjà seule au lycée. Elle est gentille et serviable même si elle a tendance à tourner en bourrique à cause de Shûsei. C’est une héroïne forte qui ne se laisse pas faire, ce que j’apprécie puisqu’elle ne va pas laisser Shûsei agir comme il veut et lui rendre la monnaie de sa pièce quand il va trop loin. Elle a un fort sens de l’amitié et semble du genre à défendre ses amis coûte que coûte. On voit néanmoins qu’elle est facilement gênée par la situation même si sa générosité  la pousse à laisser Shûsei s’installer chez elle. C’est un personnage que j’apprécie bien, on est loin de la jeune fille fragile des Shojo, elle a un caractère fort qui est plaisant et promet de bonnes disputes entre elle et Shûsei.

Shûsei lui, apparaît au premier abord comme un prince hautain qui n’hésite pas à blesser les autres.

 

J’aime autant que tu ne me remettes pas cette lettre, ça me dégoûte.

 – Shûsei

 

Il semble sans gêne ce qui peut amener à des situations drôles pour nous mais gênantes pour les autres. Il a tendance à apparaître un peu comme inexpressif dans des situations qui auraient dû être embarrassantes et on voit bien qu’il s’amuse à taquiner Aoi.

On peut clairement dire que leur relation à eux deux est d’abord électrique puisque c’est la rencontre de deux caractères forts, et les disputes promettent d’être mémorables. Les rapprochements entre eux ont néanmoins l’air d’être plutôt rapides et je pense que leur relation nous en fera voir de toutes les couleurs et qu’elle devrait être aussi bien drôle, que gênante ou encore tendue.

 

En conclusion, on peut dire que L-DK, plus qu’être une histoire sur la création d’un couple, est une histoire qui nous montre la vie de couple, les hauts et les bas chez deux personnages aux caractères forts. C’est une œuvre qui contient pas mal de tomes mais qui promet des rebondissements en tout genre et des scènes à faire fondre des cœurs de pierre. Je pense que pour les plus jeunes d’entre vous ce Shojo peut servir de référence du Shojo de nos jours, et permet de voir plus loin que la découverte des sentiments et la création d’un couple, puisqu’on est immédiatement immergé dans la cohabitation de deux personnes. Je conseillerais donc ce titre à tous ceux qui veulent découvrir un classique d’Ayu Watanabe.

L.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *