Sanda

Le Père Noël
retourne au
boulot, et il a
de quoi faire !
Sanda est un Seinen de Paru Itagaki notamment connu pour son œuvre Beastars. Paru initialement au Japon entre 2021 et 2024, il s’est terminé en 16 volumes. En France, les éditions Ki-oon s’occupent de la licence et ont publié pour le moment les trois premiers volumes.
À la traduction, nous avons M. Djamel Rabahi à qui nous devons les traductions de Dr Stone, The Fable (chronique ici) ou encore Haikyu!! pour ne citer qu’eux.
En 2080, le monde a bien changé. Au Japon les enfants sont mis sur un pied d’estale au vu de leur faible nombre. L’économie va mal, et la météo a bien évolué faisant perdre à Noël sa féerie hivernale et pire encore, le Père Noël.
Au sein de l’académie Daikoku aigo, une jeune fille du nom de Fuyumura possède un vœu qui lui est cher et pour cela, elle va avoir besoin du véritable Père Noël ! Elle en est certaine, son camarade de classe Sanda en est un descendant et elle fera tout pour qu’il reprenne son rôle !
Paru Itagaki nous dépeint au travers de Sanda un monde ayant perdu de ses couleurs. Le Père Noël a disparu depuis longtemps, emportant avec lui les rêves de tout un chacun. Nous sommes ainsi plongés dans un univers dystopique où les enfants sont devenus précieux pour garantir la survie de l’humanité. Cela atteint un point où l’enfant est placé sur un piédestal au-dessus du reste. Le récit que l’on aurait pu croire simplement étrange et presque bon enfant de par l’utilisation du Père Noël se retrouve finalement très vite complexifié et bien moins enfantin.
En effet, Sanda est un manga qui cache une face bien sombre. Tout d’abord nous avons l’utilisation d’un univers dystopique intéressant où les moins de quinze ans ne représentent que 0.1% de la population, leur “rareté” leur ont permis d’obtenir certains avantages et ils bénéficient d’une enfance “parfaite” que l’on pourrait apparenter à une utopie si cela ne cachait pas d’une part, un grand mal-être chez les adultes et d’une autre part, une dérive de ces derniers à l’encontre des enfants.
Dans l’optique de leur garantir une éducation ”zéro trauma”, des personnages comme Hifumi Oshibu, le directeur de l’établissement où évolue notre protagoniste, prennent des mesures discutables, en optant pour une surveillance intrusive ainsi que des mesures douteuses pour leur éviter d’avoir des traumatismes.
Pour certains de ces enfants confrontés malgré tout aux mauvais côtés de la vie, le Père Noël apparaît comme une lueur d’espoir. Amaya, l’un des camarades de classe de Sanda, par exemple, voit sa famille subir de plein fouet la crise du pays. De ce fait, dans un contexte aussi sombre où tout tombe en ruine, seule une solution miraculeuse semble pouvoir améliorer leur quotidien : un miracle digne de Noël !
Cela ne donne étrangement pas une œuvre gnangnan car l’atmosphère globale est plutôt mystérieuse et parfois même inquiétante.
Par ailleurs, nous avons le droit à des personnages bien écrits bien qu’un peu étranges sur les bords.
Sanda Kazushige tout d’abord, est un jeune garçon assez lambda au départ, un peu long à la détente et avec une manière de voir les choses bien à lui ! Cela va toutefois bien changer par sa transformation en Père Noël qui va réellement tout chambouler en lui. En effet, nous passons de ce garçon immature à un adulte aimant particulièrement les enfants et ce changement va créer une “confusion” entre ses deux personnalités. Il va commencer a avoir des réactions dignes du Père Noël même en étant adolescent.
Fuyumura quant à elle, est certainement la plus singulière de tous. Après la disparition de son amie, elle semble être au bord de la crise de nerf et va entreprendre des actions de plus en plus dangereuses. Elle reste tout au long du tome très mystérieuse et étrange, laissant toujours une part d’ombre. Nous apprenons rapidement son objectif mais même en le sachant, un flou autour de celui-ci est gardé, laissant planer le doute sur ses intentions. Cela participe à garder cette atmosphère énigmatique.
“Ma bouille craquante est tout ce que j’avais pour moi ! elle compensait ma petite taille et me donnait une certaine allure…si je ne suis plus mignon, je ne suis plus moi !”
– Sanda Kazushige
Les dessins sont de leur côté à l’image de ce que nous avions pu retrouver dans Beastars. C’est un style simple de prime abord, très crayonné sans forcément trop de détails mais mettant l’accent sur certaines planches via un encrage profond donnant immédiatement le ton à la scène en question. Cela ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais force est de constater que le résultat final est une réussite. Ne vous arrêtez pas au chara-design particulier et laissez-vous emporter !
En conclusion, Sanda est un manga véritablement à part, à la pâte artistique unique et à l’histoire singulière mais intrigante. Si l’utilisation du Père Noël pouvait nous faire penser à une histoire plus bonne enfant, ce n’est pas le cas en vérité et des thématiques plus sombres sont parsemées tout au long du tome. Les personnages sont également bien écrits avec leur côté enfantin, mais également un aspect plus sombre lié au “monde des adultes”, cette dualité est très bien mise en place par leurs actions et leurs paroles.
Ce n’est pas un manga qui plaira à tous de par son univers étrange et ses dessins mais cela fait en réalité la force de l’œuvre que de proposer quelque chose d’aussi unique. Nul doute que si vous avez déjà lu et apprécié Beastars, vous apprécierez celui-ci, et dans le cas contraire, Sanda apporte sa touche personnelle qui le différencie du reste.
Si vous souhaitez vous procurer les tomes sur notre site internet c’est par ici !
H.
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