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Dans l’Ombre de la Lune

Virilité 

en danger !

Dans l’Ombre de la Lune est un Shojo de Saki Aikawa publié en 3 volumes en 2017. En France, Soleil Manga publie la licence en 2023 et son dernier volume arrive en début de 2024.

L’auteure ne vous est certainement pas inconnue puisqu’énormément de ses séries ont été publiées en France comme par exemple: He is a Beast, Black Mariage et Be-twin You and Me, pour n’en citer que quelques-uns.

 

Saku est un lycéen tout ce qu’il y a de plus normal. Cependant, à la veille de ses 17 ans, il fait un rêve étrange et son corps commence doucement à changer à son réveil. Un oiseau lui explique alors qu’il est en vérité la Princesse Kaguya, princesse lunaire réfugiée sur Terre depuis 17 ans qui doit à présent retourner à la Lune. Mais Saku, très attaché à sa masculinité va avoir du mal à se faire à cette idée.

 

Dans l’Ombre de la Lune nous montre encore que Saki Aikawa est une auteure qui sait créer des histoires qui changent totalement de ses anciens titres, aucun d’entre eux ne se ressemble dans son scénario initial et c’est agréable à chaque fois de voir ce que son imagination aura été capable de créer. Et cette fois-ci, son scénario est encore bien original et revisite la thématique du changement de corps tout en le mêlant à du folklore japonais avec l’existence de la Princesse Kaguya et l’importance de la lune.

L’histoire se déroule essentiellement au lycée où comme dans des mangas du genre de Ouran Host Club, notre héros (héroïne?) doit cacher son changement de sexe des autres, même si vous verrez, malheureusement, il sera très vite découvert par certains. (C’est même pas un spoil tellement Saku se fait découvrir rapidement)

On a une histoire qui se veut surnaturel voire un peu fantastique et qui s’appuie énormément sur la légende de la Princesse Kaguya où cette fois-ci, elle aurait été exilée sur Terre pour des crimes qu’elle n’a pas commis à cause d’autres nobles. Elle a toujours ses 5 prétendants qui, cette fois-ci, pourraient ajouter le thème de harem inversé à l’histoire, même si cela ne me semble pas trop bien parti pour l’aspect romance.  Pour offrir une légende bien complète, l’auteure ajoute l’aspect d’artéfacts contenant une partie des pouvoirs de la princesse et qui pousse un peu plus au fantastique, même si malheureusement, je trouve que ce côté artéfact est trop sous-estimé dans ce premier volume. Vous comprendrez en le lisant car je ne veux pas trop vous en dire, mais les artéfacts qui permettent aux familles de vivre une vie très agréable sont au final très vite gâchés je trouve.

Au premier volume on ne sait pas encore si ce titre va aboutir à une romance ou pas, les personnages se rencontrent à peine et mis à part Kakeru Hoshiide qui est ultra amical, aucun des autres garçons n’a l’air d’apprécier la présence de Saku/la Princesse Kaguya et c’est compréhensible: Vous avez un artéfact qui rend votre famille vertueuse et vous devez le rendre soudainement, je pense que plus d’une personne hésiterait !

On a une bonne dose d’humour dans ce premier volume, notamment grâce aux réactions de Saku qui est un personnage maladroit qui, vous le verrez, ne se sent plus péter par moment, allant jusqu’à se prendre pour un véritable mâle alpha aimé de toutes les filles alors que, on le confond avec une fille. Les piques que les personnages s’envoient entre eux participent à rendre le titre plus détente et drôle, et l’absurdité de la fin du tome nous fait bien comprendre que le manga est bien moins sérieux qu’il n’aurait pu paraître à certains moments. Dans l’Ombre de la Lune est un manga qui se lit bien, le premier tome se dévore assez vite mais justement, tout va un peu trop vite. On sent que le titre n’était pas voué à faire beaucoup de volumes et en effet il n’en fera que trois, mais du coup il est bien en deçà de beaucoup d’autres Shojo de l’auteure et je trouve ça un peu dommage. Cela reste une lecture intéressante même si elle ne casse pas trois pattes à un canard.

 

Je m’appelle Saku Tsukimiya et je suis la virilité incarnée. 

– Saku

 

Pour un manga court, il y a pas mal de personnages rien que dans le premier volume et pour cause, la Princesse Kaguya avait cinq prétendants. On a cependant eu très peu de temps pour en rencontrer certains ce qui fait que je ne pourrais pas en dire grand chose.

Tout d’abord, on a Saku aka Princesse Kaguya. C’est un garçon mignon qui se fait molester dans le train et qui se prend pour un mâle alpha ultra populaire. Il est très attaché à sa masculinité mais se retrouve un matin transformé en fille. Sa vie n’a été qu’un doux mensonge et il doit se rendre à l’évidence, mais va avoir du mal à l’accepter. Il a un fort caractère, ne se laisse pas faire, mais subit quand même pas mal tout ce qui lui arrive.

Akatsuki est le premier des prétendants à rencontrer Saku, sans vouloir avouer qu’il pourrait être la Princesse Kaguya. Il a un sale caractère et n’hésitera pas à descendre Saku quand il le pourra, jouant le rôle de mauvais garçon.

Kakeru Hoshiide quant à lui est le gars gentil de l’histoire. On le voit venir à des milliers de kilomètres mais c’est également probablement le personnage qui finira totalement friendzone à la fin du manga. Il a juste un défaut: celui d’appeler Saku “Princesse” à tout va.

Ryohei Suyazaki fait partie des personnages qu’on ne rencontre que très tard dans le volume. Je peux juste dire qu’il n’est pas agréable du tout, qu’il porte des lunettes et qu’il ne veut pas du tout rendre son amulette à la Princesse.

On a également Ryotaro Amagaya qui est le fils d’une famille d’un maître du thé. Il semble avoir énormément de succès auprès des filles.

Enfin, Mikoto Nagumo est l’héritier du plus grand sanctuaire de la région. Il est très direct et a également un sale caractère.

Vous l’aurez compris, il y a dans ce manga pas mal de personnages au sale caractère qui auraient préférés que la “Princesse Kaguya” ne réapparaisse jamais.

Enfin, on reconnaît facilement le trait de l’auteure avec ses chara-designs bien à eux. Chaque personnage se dissocie bien des autres contrairement à leur personnalité que j’ai parfois trouvé un peu trop semblable.

En ce qui concerne les décors, on en a peu et le tout est surtout agrémenté de trames qui limitent la sensation de vide.

La disposition des planches nous propose de grandes cases qui permettent de pleinement profiter  des scènes qui se déroulent même si je trouve que pour l’instant on manque de moments marquants. Enfin, l’auteure nous propose des cases dans toutes les formes ce qui permet tout de même de casser la monotonie et qui aide à lire plus rapidement je trouve.

Quant à la couverture, on met en avant le personnage de Saku avec un tissu qui rappelle les kimonos de l’époque (je pense). La lune surplombe bien le personnage ce qui fait que la couverture est certes, simple, mais elle apporte plein d’éléments qui rappellent le scénario du manga.

 

En conclusion, Dans l’Ombre de la Lune est un Shojo qui propose une changement de sexe dans une histoire semi fantastique utilisant le folklore japonais et le conte ancien de la Princesse Kaguya d’une manière totalement revisitée. C’est un manga court qui se lit rapidement, parfois même un peu trop malheureusement. On a presque un harem inversé qui se crée dans une école, avec beaucoup d’humour, mais des personnages pour la plupart peu commodes. On reconnaît bien la patte de l’auteur dans son dessin même si ce n’est pas son meilleur manga d’après moi, cela remet cependant le thème du gender bender en avant et c’est plutôt agréable.

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L.

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