Yoku Oni

Combattre
le mal,
par le mal !
Yoku-Oni est un shônen de Irohara Mitabi. Publié initialement au Japon de 2015 à 2019, le manga s’est achevé au bout de 9 volumes. En France, la maison d’édition Pika s’occupe de sa publication depuis 2023 et terminera sa parution avec la sortie du dernier tome début Juillet 2025.
Nous devons la traduction à Mme. Hana Kanehisa notamment connue pour ses traductions sur Choujin X (chronique ici), Magic Knight Rayearth ou encore Gene Bride pour ne citer qu’eux.
Dans ce monde, les “démons” sont présents partout, ils se matérialisent par le biais des désirs profonds des gens. Ces êtres sont appelés les “Yoku-oni” ; afin de les combattre, Masato Jitsunashi ainsi que sa sœur Nina Koibara ont réussi à contrôler leur transformation et à utiliser leur désir de justice afin de combattre ceux ayant perdu pied.
Yoku-Oni propose un univers fantastique où les désirs profonds des personnes peuvent grandir au point de les transformer en démon, en Yoku-Oni. C’est un aspect qui va bien être utilisé tout au long du premier tome et qui va poser des bases à la fois simples et solides dans l’œuvre.
De ce fait, l’histoire va suivre un cheminement classique mais efficace à base d’enquêtes ; parfaites pour illustrer le système de Yoku-Oni, et d’un léger fil rouge se tramant en fond. Nous avons donc une histoire plutôt facile à suivre qui ne vous perdra pas avec des détails inutiles mais qui aura la faculté d’explorer la psychologie humaine, les Yoku-Oni n’étant finalement qu’une sorte d’extériorisation et personnification des désirs.
L’univers est plutôt bien ficelé de ce côté-ci, les Yoku-Oni faisant partie intégrante du quotidien, des infrastructures ont été mises en place, que ce soit avec une Brigade se chargeant des affaires les impliquant ou bien des centres de protection (détention) visant à les isoler. La manière dont ils sont emprisonnés va dépendre de leur dangerosité, ces derniers étant catégorisés en quatre niveaux, plus une catégorie dite “exceptionnelle”.
Ce monde avec les Yoku-Oni feront penser à certains aspects du manga Tokyo Ghoul, avec cependant un aspect moins Shonen action mais qui se concentre un peu plus sur l’enquête avec une psychologie plus importante sur les Yoku-Oni que l’on avait avec les Ghouls.
Nous avons un aspect mystérieux très intéressant dans ce manga, entre la mère de Nina Koibara, l’un des Yoku-Oni nommé le Black Joker, nous avons pas mal de questions en tête à la fin de ce premier volume qui me fait personnellement penser au très bon Tokyo Aliens (chronique ici) qui aborde les choses d’une manière assez similaire, mais version alien !
Cependant, bien que l’aspect mystère/enquête est bien présent, les combats sont là bien qu’ils soient peut-être un peu différents de ce que vous auriez pu imaginer. En effet, vous ne retrouverez pas ici de grands combats dignes des shônen d’action habituels, ici c’est un style plus “posé” au démarrage avec des duels plutôt courts. Tous les Yoku-Oni ne se valent pas entre eux, et les premiers que nous voyons ne sont clairement pas les plus dangereux. Nos deux protagonistes semblent avoir le poids dans la balance et expédient les combats assez aisément – ce qui ne sera pas forcément toujours le cas -. Malgré cela, la mise en scène est excellente, entre la découverte du coupable et la manière de le juger, la façon dont les planches sont découpées pour rendre le verdict, tout est parfait !
Il est également bon de noter que très souvent, tout ceci est accompagné de scènes parfois très gores. La situation initiale qui amène aux différentes enquêtes notamment, est représentée bien souvent par un petit exemple du carnage que peuvent provoquer les Yoku-Oni et surtout la violence et la cruauté dont ils peuvent faire preuve.
“La mort constitue-t-elle une peine ? La réponse est non. Le trépas est une fuite. La véritable sanction, c’est la souffrance. Et je pense que le mal doit être châtié.”
– Masato Jitsunashi.
Les personnages sont également plutôt intéressants bien que le premier volume se concentre uniquement sur nos deux protagonistes Masato Jitsunashi et Nina Koibara.
Masato Jitsunashi est le “grand frère” et il joue plus ou moins son rôle. Il est bien souvent désinvolte, prenant par ailleurs un malin plaisir à taquiner sa sœur Nina. Toutefois, cette façade joyeuse semble cacher un passé plus sombre dont provient très certainement son désir de “justice”. De ce fait, il sait également se montrer très sérieux et surtout impitoyable. Lorsqu’il a pris la décision de rendre son verdict, plus rien ne peut l’en dissuader ! Qui plus est, il condamne systématiquement ses cibles par ce qu’il nomme lui-même une terrible souffrance éternelle.
Nina Koibara, quant à elle, est plus douce au premier coup d’œil ce qui va rapidement trancher avec son pouvoir qui lui fait prendre des risques inconsidérés qui lui fera en voir de toutes les couleurs. Malgré cela elle reste la plupart du temps très enjouée et ajoute une certaine fraîcheur au manga qui est très plaisant. Bien qu’elle soit parfois considérée comme telle, ce n’est pas un personnage nunuche qui n’a pas d’utilité, bien au contraire.
Il est temps pour nous d’évoquer les dessins et l’édition en elle-même. Pour cette dernière, nous avons le droit à un tome soigné avec une jaquette au verni sélectif sur le titre ainsi que sur l’effet de “cassure” qui rend vraiment bien. La couverture en dessous n’est pas en reste permettant de faire ressortir les Yoku-Oni que l’on voit (ou non) sur la jaquette.
Pour ce qui est du dessin, c’est très bien dessiné, il y a beaucoup de détails ce qui rend les passages gores très marquants.Les décors sont plutôt légers afin de se concentrer véritablement sur les personnages, il n’y a pas ce sentiment de “blanc” sur les planches.
En conclusion, Yoku-Oni est un bon manga d’action enquête apportant une touche de mystère suffisamment intéressante pour piquer notre curiosité. L’œuvre apporte un récit solide avec une conclusion en 9 tomes, ce qui est une longueur très appréciable. La narration bien que simple au départ est efficace et nous emmène facilement dans son univers, les deux premières enquêtes nous faisant aisément comprendre le fonctionnement de ce monde et des Yoku-Oni, élément qui se veut par ailleurs bien détaillé entre les brigades qui s’en chargent et des preuves comme les yoku-kon qui sont des particules cristallines qui émanent des cornes d’un Yoku-Oni permettant de dissocier les crimes réalisés par des humains de ceux des Yoku-Oni.
Friands d’action, d’enquêtes et si vous n’êtes pas contre quelques passages gore, alors Yoku-Oni a clairement de quoi vous plaire, en plus de ça, la série vient de se terminer en France, c’est donc l’occasion idéale pour la commencer et ne pas la laisser tomber dans l’oubli !
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H.
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