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Witch and Hound

Le moindre

mal

 

Witch and Hound est un Seinen comportant Kamitsuki Rainy au scénario, Tsukahara Minori au dessin ainsi que LAM au chara-design. Au Japon, le manga est publié depuis 2023 avec 3 volumes actuellement publiés. En France, ce sont les éditions Mana Books qui l’édite depuis le mois de Mars 2025 avec son premier tome.

 

Campusfellow, un paisible pays connu pour ses forgerons d’exception connaît malheureusement un danger sans précédent ; le pays d’Amelia. Ce dernier agrandit drastiquement son territoire grâce à une effroyable armée composée de mages dont on ne compte pourtant qu’une infime quantité. Sans autres mages pour les affronter, le seigneur de Campusfellow va alors proposer une idée folle, réunir de véritables calamités vivantes : les sorcières.

 

Witch and Hound nous dépeint un univers riche se basant sur deux archétypes bien connus ; les mages et les sorcières. Ce qui est intéressant ici, c’est la manière dont ils vont être utilisés. En effet, bien que les concepts soient connus, l’auteur y ajoute sa sauce donnant une saveur unique au manga.

Le monde de Witch and Hound se veut plutôt hostile car outre le pays d’Amelia représentant le conquérant sans pitié, les dangers sont multiples. Entre les sorcières décrites dans l’œuvre comme étant de véritables calamités semant la désolation sur leur passage, il y a également des monstres plus classiques de fantasy nous faisant passer non loin de la dark fantasy. Ceci étant dit, le monde regorge de menaces bien réelles et au travers de ce premier tome, nous ressentons bien la difficulté d’assurer la sécurité de tous.

Il n’y a pas autant de pression que dans le début de  l’Attaque des titans, mais tout de même. Ici, l’auteur remplace le côté trop sombre par des problèmes de politique plutôt intéressants. En effet, si les monstres sont un problème, le pays d’Amelia l’est encore plus, rendant la situation géopolitique à la fois fragile et complexe. Deux choix semblent s’offrir aux différents pays ; abdiquer ou se plonger dans une guerre perdue d’avance.

 

“On appelle “Sorcières” les femmes non baptisées manipulant la magie. Véritables incarnations maléfiques de l’avidité, elles répandent le malheur autour d’elles, au point de se faire appeler “calamités”.”

– Domestique.

 

Le côté politique est par ailleurs plutôt bien dosé, ou plutôt devrais-je dire, dosé de manière suffisamment légère pour présenter un intérêt sans pour autant nous assommer avec. En effet, le plan est clair: Le Seigneur de Campusfellow compte partir en guerre contre Amelia en utilisant les sorcières, la diplomatie ne va donc pas faire long feu et ça, vous pourrez rapidement le remarquer dans le premier tome.

De ce fait, le manga se veut plus axé sur l’action que la stratégie ce qui en fait un titre bien moins posé que Unnamed Memory par exemple de la même maison d’édition qui présentait également un univers doté de grandes sorcières plus centré sur l’enquête et le mystère.

Action que nous devons principalement à notre personnage principal, Rollo. Ce dernier est surnommé le “Chien noir” et présente de grandes capacités dans l’art de l’assassinat, c’est lui qui est chargé de faire coopérer les fameuses sorcières.

Il possède donc un rôle majeur et il va par ailleurs avoir le droit à beaucoup de développement au cours de ce premier tome et cela m’a surpris positivement. En effet, nous allons aussi bien nous attarder sur son passé particulier que sur son présent. J’ai apprécié la manière dont l’auteur avait choisi de traiter le personnage ; étant un assassin il n’est pas du genre bavard, encore moins sur des aspects personnels, c’est donc par le biais des autres personnages de sa “faction”, si je puis dire, que nous allons en apprendre plus sur ce dernier. Nous avons leur ressenti vis à vis de lui, la façon dont ils le perçoivent ce qui ajoute beaucoup de matière à Rollo.

Celui-ci  se veut plutôt incompris par ses pairs, bloqué dans la case conférée par son surnom de “Chien noir”. Il est à l’écart des autres et n’est traité “normalement” que par Bud Grace, le seigneur de Campusfellow, ainsi que par sa fille Delirium qui lui voue un profond attachement.

Bud et Delirium Grace ont tous deux beaucoup d’importance dans ce tome, Bud, étant le seigneur de Campusfellow et principal investigateur dans la recherche des sorcières afin de se battre contre les effroyables mages du pays d’Amelia. Malgré son statut, il paraît plutôt décontracté dans l’ensemble, passant aisément du formel à l’informel, notamment avec Rollo avec qui il tente d’avoir une relation plus amicale. D’apparence, il semble gentil, respectueux mais on peut voir ça comme une façade car à côté, il est tout à fait capable du pire afin d’atteindre ses objectifs. Il est rusé et n’hésitera pas à utiliser des subterfuges, jouant constamment sur le fil du rasoir.

C’est clairement un personnage intéressant qui, de par sa nature, a beaucoup à nous offrir.

Ce qui dénote pas mal de sa fille qui est pour le moment, simplement une jeune fille insouciante et très enjouée. Elle est franche, ne s’intéressant pour le moment pas aux affaires de son père. Elle est comme une touche de couleur au milieu de ses teintures grisonnantes, reste à savoir si elle le restera !

 

En terme de dessin, nous avons le droit à un manga qui vaut le coup d’œil. Les décors sont travaillés, nous avons le droit à une belle architecture pour les bâtiments au style européen notamment.

Les personnages possèdent également un chara design intéressant, un peu simple sur beaucoup d’entre eux, notamment Rollo, mais la plupart ont des traits intéressants, puis il y a les sorcières, seule une est entraperçue dans ce tome, mais un soin tout particulier lui a été accordé !

L’action est également bien retransmise, elle est fluide, facile à suivre et ne manque pas de punch ! Sans compter l’ancrage qui vient donner une touche plus sombre fort agréable qui convient parfaitement au titre.

En fin de compte, Witch and Hound est un manga très prometteur qui a su correctement introduire son univers et a piqué notre curiosité. L’histoire se veut riche, les personnages bien travaillés, avec de la matière et ayant plus d’une face à nous montrer. Il y a également cette ambiance sombre en fond bien qu’en surface cela ne se ressente pas trop.

Le tome est bien rythmé et composé aussi bien de phases plus terres à terres avec des sujets “politiques” liés aux guerres, à la géopolitique notamment ainsi que d’un bon paquet d’action qui ne nous laisse pas sur notre faim !

Witch and Hound se veut donc être un bon manga qui pourra intéresser un large public, en passant du lectorat de Berserk of Gluttony à Unnamed Memory (Chronique disponible ici) par exemple.

Si vous souhaitez vous procurer les tomes sur notre site internet c’est par ici !

H.

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