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Serial Killer Isekai

Expiation

jusqu’à la

destruction

 

Serial Killer Isekai est un Seinen du scénariste Kawamoto Homura (auteur de Gambling School) et du dessinateur Hiro. Publié initialement au Japon, il compte actuellement 5 volumes toujours en cours de parution. En France, le premier volume vient tout juste de paraître en ce début de mois de mars 2025 aux éditions Delcourt Tonkam.

 

Silkie était un tueur en série déchiré entre son plaisir à tuer et sa culpabilité d’ôter la vie à des innocents. Lorsque sa vie prend fin à la suite d’une condamnation à mort, une déesse s’impose à lui, cependant, ce n’est pas une seconde “chance” qui lui est offerte, mais la suite de son châtiment. En guise de rédemption, lui qui voulait cesser ses meurtres, devra assassiner les douze réincarnés de son monde qui ont vaincu le Roi-Démon mais qui sont maintenant devenus les nouveaux fléaux.

 

Serial Killer Isekai est un manga à l’ambiance assez sombre par moment qui ne sera pas adapté à tous. Ce que nous dépeignent ici Hitotsubu Ichigo et Hiro, c’est un monde tenu par des “Hommes” corrompus par leurs désirs et par le pouvoir, se laissant aller aux pires horreurs, allant du meurtre au viol… plongeant les gens autour d’eux dans une forme de terreur.

Notre protagoniste n’est pas mieux en soit, il est lui-même l’objet de ses pulsions meurtrières et n’est clairement pas un exemple même si nous aurons l’occasion d’approfondir sa psychologie un peu plus loin dans la chronique.

L’histoire possède un objectif clair, assez simple façon The World’s Finest Assassin sorti récemment aux éditions Meian. En l’occurrence, ici ce n’est pas “un” héros qui pose soucis mais douze réincarnés. Ils sont devenus des ennemis aux yeux de la Déesse, il n’y a donc aucune autre sanction que la mort de ces derniers qui sera acceptée, c’est noir, ou c’est blanc, il n’y a pas d’entre-deux.

La sentence étant la condamnation à mort, il n’y a pas de pitié pendant les combats, tous les coups sont permis et ce n’est pas notre personnage principal qui se souciera des manières. L’important n’est pas de se surpasser, mais simplement de réaliser sa tâche, et tant qu’à y être, prendre un peu de “plaisir”. De ce fait les combats peuvent être très sanglants, gores, et remplis de coups bas.

Le terme adapté pour cela sera sûrement : “cruauté”. Il n’y pas d’état d’âme de ce fait chacun de ces personnages n’ont rien d’attachant, ou d’attendrissant, ils sont uniquement présentés comme étant le “mal” qui doit être abattu. Si l’on peut soupçonner que ce ne sera pas le cas pour les douze réincarnés, les premiers que nous apercevons sont des personnages abjectes et peu approfondis.

 

 

Toutefois, les personnages secondaires dénotent des principaux, nous offrant plus de matière, eux qui doivent se battre de toutes leurs forces pour survivre et ployer le genou devant les réincarnés. Ces derniers, comme ceux que nous croisons durant ce premier tome, sont moins manichéens et plus variés dans leur propos. Si cela est bien utilisé dans les tomes futurs, nous pourrions avoir un monde un peu plus complexe qui serait vraiment intéressant.

Ce premier volume reste cependant une bonne introduction, rentrant par ailleurs rapidement dans le vif du sujet. La folie des personnages est bien mise en scène nous donnant un bel aperçu de leur noirceur.

Notre protagoniste, comme nous en parlions plus haut, est un tueur en série torturé intérieurement. Une enfance plutôt glauque nous est en partie montrée histoire d’agrémenter le personnage. Cependant, s’il y a bien une chose que nous retenons de lui en dehors de son souhait profond de ne plus tuer d’innocents, c’est sa folie reprenant le dessus. C’est souligné par le trait d’Hiro qui est juste parfait pour cela. Il est comme brisé avec deux personnalités, l’une aimante, voulant la rédemption, l’autre envahie par la folie, le désir de tuer. Cette contradiction du protagoniste est très bien représentée.

La folie est également bien présente du côté des réincarnés bien que pour le moment nous avons vu probablement les moins intéressants du lot. Trois autres sont teasés et semblent avoir quelque chose de plus à apporter.

 

“On récolte toujours ce que l’on sème. Le compte ne sera pas juste, tant que les serial killers n’auront pas rampés en hurlant de douleur.”

– Déesse

 

Pour ce qui est des dessins, je trouve le trait de Hiro absolument exquis. Le chara-design est magnifique, les expressions faciales faisant ressortir toute la folie des personnages sont on ne peut mieux réalisées. De plus, les décors ne sont pas en reste, ils sont présents tout de même en quantités et en qualités. Tout ceci est accompagné d’une mise en page fort agréable avec une découpe fluide et entraînante.

 

En conclusion, Serial Killer Isekai est un manga qui ne révolutionne pas son genre de par son histoire mais qui apporte un aspect obscur de par la psychologie de ses personnages ainsi que de par la violence de leurs actions. L’objectif du protagoniste peut faire penser à The World’s Finest Assassin, cependant ne vous y méprenez pas, les deux manga sont biens différents l’un s’axant plus sur la magie et son apprentissage au détour de son but, là où Serial Killer Isekai reste plus centré sur sa mission en prenant parfois de petit détour au nom de son expiation.

Le titre est assez gore par moment menant à une ambiance sombre, saupoudrée d’un dessin magnifique, cela ravira les fans de ce genre de seinen !

Si vous souhaitez vous procurer les tomes sur notre site internet c’est par ici !

H.

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