River End Café

Un café, ce
n’est pas le
bout du
monde.
River End Café est un Seinen de Tanaka Akio principalement connu pour le manga “Coq de Combat”. Au Japon, l’œuvre a débuté sa publication en 2017 et s’est terminée en 2021 au bout de 9 volumes. En France, le titre est édité par les éditions Shiba et compte actuellement 4 tomes. Nous devons la traduction du manga à Mme. Marina Bonzi.
Sept ans après le tremblement de terre de 2011, Saki Irié reste profondément marquée par cet événement qui lui aura tout fait perdre. Cependant, après avoir été attirée par une lumière inhabituelle éloignée de toute habitation, elle se retrouve face à une bâtisse en travaux et nez à nez avec le patron de ce qui sera le “River End Café”, ainsi que le début d’une nouvelle vie.
River End Café est un manga aux multiples facettes, à la fois intrigant, réconfortant et poignant. Au travers de ce titre dont le point de départ se situe au tremblement de terre de 2011 qui aura fait tout perdre à la jeune Saki, protagoniste de cette histoire, ce n’est pas directement du séisme que nous allons traiter mais des séquelles qu’il aura laissé encore sept années après…
Saki n’a pu s’intégrer après cela, vivant seule sans que quelqu’un ne puisse la réconforter ou l’aider à avancer. Cependant, outre ses blessures, au détour de ce café dont elle croisera la route, et de ses habitués atypiques, on va suivre sa “guérison”.
Cela rappellera à certains le manga Escale à Yokohama (chronique ici) où l’on suivait une androïde qui “réapprenait” à vivre par le biais des clients de son café et des habitants qu’elle côtoyait. Nous sommes également ici dans une atmosphère plutôt calme, aux planches nous poussant à la contemplation à tel point que ça pourrait en devenir thérapeuthique ! Et ce mot n’est pas choisi au hasard puisque tous les événements qui vont se dérouler vont être des plus bénéfiques à la jeune Saki qui, pour une fois, ne va pas être jugée ou mise à l’écart mais correctement traitée, comme elle devrait l’être, en l’incluant comme il se doit dans les conversations et dans différentes situations tantôt réconfortantes, tantôt burlesques.
“Quelle idée ! Qui voudrait bouffer une gamine maigre comme un clou et plate comme une limande ?”
– Le Patron du River End Café
Car oui, si le titre se veut en grande partie réconfortant et touchant via le personnage du patron du café et de Saki, le manga possède une belle touche d’humour par le biais des personnages secondaires. Entre une voyante aux airs bien perchés et un monsieur d’un certain âge qui semble par moment pris par une seconde jeunesse d’esprit, il y a de quoi arracher un sourire, tandis que notre personnage principal, elle, est bien souvent dépassée par les agissements de ces adultes pour le moins atypiques.
C’est un aspect que j’apprécie grandement dans cette œuvre, nous pouvons facilement passer d’un aspect poignant, où l’on a de la peine pour Saki, à des moments bien plus légers apportés notamment par les personnages secondaires et plus largement, par le nouvel entourage de notre protagoniste. Son monde a radicalement changé passant d’un petit monde étroit, solitaire, a un champ élargi par le patron qui lui a ouvert sa porte et plein d’autres au passage.
Saki est une lycéenne au début de l’histoire, elle était donc vraiment jeune au moment du tremblement de terre. Elle subit alors un stress post traumatique important qui ne va pas aller en s’arrangeant puisqu’une incompréhension entre elle et ses camarades lui coûte une mise à l’écart importante. Nous suivons donc un personnage affaibli psychologiquement qui n’a besoin que de quelqu’un pour enfin s’ouvrir.
Cela va être en quelque sorte le rôle du patron du River End Café qui va être un solide pilier, une figure adulte (enfin la plupart du temps) sur lequel elle pourra compter. Il est cependant peu avenant au départ, un peu brut de décoffrage, il agit avec peu de manières. Bien qu’il soit un peu brusque par moment, ce n’est pas un mauvais bougre, loin de là, et aidera indirectement la jeune Saki. Nous pouvons également noter qu’il est en réalité très serviable, on le voit notamment avec ses clients avec qui il fait preuve d’une grande ouverture d’esprit en agissant à la fois de manière très professionnelle, mais également très amicalement permettant à tout à chacun d’ouvrir naturellement son cœur.
C’est un personnage complet dont il ne faut pas s’arrêter à l’apparence et au premier ressenti.
Niveau dessin, l’auteur de Coq de Combat nous propose à nouveau une très belle expérience visuelle. Les dessins sont beaux, le trait fin et nous emmène tout droit dans son univers. Les doubles planches nous en mettent plein les yeux et nous transportent, poussant facilement le lecteur à la contemplation. Le style de l’auteur pour les chara-designs est également très intéressant, proposant des personnages très expressifs et variés, aux traits parfois légèrement exagérés afin de souligner un aspect du personnage. Cela se ressent bien sur les personnages secondaires qui ont le droit à beaucoup d’efforts.
Pour conclure, River End Café est un manga magnifique dont on se doit de savourer chacune des saveurs qu’il propose. Tanaka Akio réalise ici un superbe travail à tous les points de vues, nous proposant un dessin de qualité, des personnages bien travaillés, qu’ils soient secondaires ou non en apportant tous une touche personnelle, sans négliger l’histoire à plusieurs niveaux. On passe par le drame, le traumatisme, la remise en question, la reconstruction; c’est somptueux et correctement peaufiné.
River End Café plaira aux fans de mangas tranches de vie portés sur la contemplation et le relationnel. Soyez toutefois rassurés pour les âmes sensibles, le titre apporte une plus grande touche de légèreté que de tragédie, et aura tendance à plus facilement vous arracher un sourire qu’une larme.
Si vous souhaitez vous procurer les tomes sur notre site internet c’est par ici !
H.
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