Love of Kill

Drague
dangereuse
Love of Kill est un Shôjo de Fe, publié au Japon depuis 2015 et terminé en 14 volumes. En France, les éditions Vega s’occupent de la publication depuis 2024.
Initialement une série de feuilletons postée sur Pixiv, Fe se voit finalement offrir la chance de publier son œuvre au sein d’un magazine, puis d’obtenir une version manga. De nos jours, le titre possède même une adaptation anime disponible sur Crunchyroll.
Chateau Dankworth est une chasseuse de primes qui travaille pour l’organisation Ritzland Support Company. Froide et taciturne, elle mène ses missions la tête la première, jusqu’au jour où elle attire le regard de Song Ryang-Ha, un tueur solitaire recherché. Ce dernier décide de la poursuivre pour la “draguer”. Un jeu dangereux se met alors en place, puisqu’être une connaissance de Song Ryang-Ha peut vous apporter son lot de problèmes.
On vous l’a démontré déjà à plusieurs reprises avec d’autres titres, mais Love of Kill est encore une fois un exemple concret du Shojo qui est loin de l’histoire toute mignonne et fluffy que certains se font de la catégorie, prouvant encore que la catégorie “Shojo” n’est plus qu’une distinction en rapport au magazine dans lequel le titre a été publié, et non un moyen de genrer le manga.
Ici, on suit le personnage Chateau Dankworth qui est une chasseuse de primes, mais également le personnage de Song Ryang-Ha qui est un assassin. On est donc bien loin d’un manga de romance mignon, écolier et slice of life puisqu’ici, le récit est bourré d’action donnant lieu à des scènes impressionnantes, qui vous donnent parfois des frissons par l’aspect un peu sanglant. Car oui, Song n’y va pas de main morte quand il s’attaque à une cible.
Durant le premier tome, l’action est telle qu’on a finalement très peu de phases de dialogues. On enchaîne vraiment les scènes, l’histoire progresse à toute allure, le rythme est effréné et on a à peine le temps de souffler. Le manga est extrêmement page turner, il se lit très vite et personnellement, j’ai été à fond dans ma lecture du début à la fin du tome, au point de vouloir immédiatement entamer le second volume. Car oui, le premier volume s’arrête bien évidemment sur un cliffhanger qui ne pourra que vous obliger (à ce point) à acheter le second tome afin de savoir ce qui va se passer. Love of Kill est clairement addictif et ne demande qu’à être découvert par le plus grand monde.
On a un petit aspect mystère, enquête, notamment par rapport au caractère de Chateau, à son travail, aux missions qu’elle se voit confier, mais aussi et surtout à propos de Song qui est un mystère à lui tout seul. Tout au long de notre lecture on se demande si Song la drague par intérêt ou pour autre chose. Pourquoi cherche-t-il autant à se rapprocher d’elle? Pourquoi a-t-il assassiné tous ces cadres, au point de se mettre probablement toute la mafia chinoise et japonaise sur le dos?
Par ailleurs, on a un gros aspect psychologique, notamment par le personnage de Song qui est totalement fou sur les bords, qui agit dangereusement et met Chateau dans des situations compromettantes et dangereuses pour sa propre vie. Cela me rappelle un peu le personnage de Gotou dans Les Noces des Lucioles (Chronique ici) mais peut-être en encore plus mystérieux.
Love of Kill nous propose potentiellement une romance entre Song et Chateau, même si pour le moment ça n’a pas du tout l’air d’être le cas. Leur relation est totalement toxique puisque Song va mettre en danger Chateau et parfois cela me rappelle la relation des deux protagonistes dans Criminelles Fiançailles (Chronique ici). En tout cas, une chose est sûre, Chateau n’aime pas du tout Song et y a de quoi puisque ce monsieur la suit, joue avec elle comme un chat avec une souris, et ne cesse de lui imposer des marchés qui empiètent sur son travail. Au moins, cette relation toxique est souvent montrée avec humour ce qui permet d’alléger l’atmosphère parfois gore et étouffante.
C’est un prétexte pour que tu t’intéresses à moi.
– Song
Love of Kill nous propose des personnages charismatiques et/ou attachants, du moins, parmi les alliés, puisqu’en ce qui concerne les adversaires, ils ne restent pas assez longtemps vivants ou en assez bon état pour qu’on puisse en dire quoi que ce soit.
Parmi les personnages que l’on côtoie le plus, on a soit les personnages stylés, charismatiques comme Chateau ou Song, soit des personnages plus comiques comme Indien et Euripides.
Chateau Dankworth est une femme froide, qui n’en fait qu’à sa tête. C’est une femme forte qui parle peu et qui travaille avec Ritzland Support Company parce que Euripides doit beaucoup à son père. Elle est loin de se laisser marcher sur les pieds et n’hésite pas à le montrer quand Song l’agace, ce qui rend parfois les scènes très drôles. C’est aussi une femme qui n’a pas froid aux yeux et qui ne recule pas devant le danger, même si elle est loin d’être surpuissante.
Song quant à lui, était interprète pour la triade HongKong Santô, mais est maintenant plus un assassin fou qu’autre chose, en plus d’être totalement recherché par toute la mafia chinoise et japonaise. Il est joueur, dragueur et mystérieux, en plus d’être extrêmement fort et d’avoir, semble-t-il toujours des coups d’avance sur Chateau. L’odeur des autres l’insupporte, mais étrangement, ce n’est pas le cas de celle de Chateau.
Enfin, côté personnages un peu plus comiques, vous avez Euripides qui est le patron de Chateau, toujours en retrait et constamment mis en duo avec Indien (C’est pas son vrai nom apparemment mais on ne le connaît pas, c’est d’ailleurs un peu limite pour ce qui est du racisme…) qui est le comptable de l’entreprise. À eux deux, ils allègent l’histoire par le côté plus simplet de Indien mais aussi par les scènes plus légères qu’ils amènent.
Le chara design des personnages nous propose des personnages aux visages un peu plus larges et ronds que la moyenne, rappelant parfois un peu le trait de Hiromu Arakawa. Le design des personnages figurants est cependant parfois peu différenciable si bien que j’ai même failli confondre Euripides avec le fils d’un clan mafieux. L’auteure elle-même semble avoir du mal à différencier ses figurants, et pour cause : ils ne vivent pas bien longtemps pour la plupart.
L’auteure de Love of Kill nous offre énormément de planches en trois cases larges afin de vraiment dynamiser l’action et de la rendre lisible, en plus d’être impressionnante et prenante. On a des planches très complètes qui possèdent toujours des décors et un très bel encrage.
Entre les chapitres on a beaucoup de fun facts sur les personnages, mais aussi sur la conception de ce manga.
La couverture est travaillée avec, sur le côté face, l’étreinte avec le visage de Song, et sur le derrière du tome, la version avec Chateau qui tient un pistolet contre Song. Cela rend le tout stylé si on prend le temps de l’observer car on montre vraiment l’aspect femme forte de Chateau et l’opposition entre les deux personnages qui sont censé être tout sauf des alliés.
On a également un bel effet 3D sur les débris de verre qui évitent d’avoir un fond vide tout en restant lumineux.
En conclusion, Love of Kill est un véritable action page turner que vous serez bien incapables de lâcher des mains de par son rythme endiablé, ses dessins dynamiques et le suspense qui s’en dégage. C’est un titre qui prend le temps de mettre en place son scénario, sa relation entre les personnages, tout en malmenant son lecteur dans tous les sens ainsi que son personnage principal. On y voit la femme forte par excellence, prête à tout pour mener à bien ses missions et surtout, qui n’a pas peur de foncer dans le tas même si elle n’est pas infaillible. On a un fort aspect psychologique et une ambiance inquiétante de par le personnage de Song et tous les problèmes qu’il apporte à Chateau. Les dessins sont détaillés et ne peuvent que vous plonger davantage dans ce manga qui se lit très vite et qui est addictif.
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L.
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