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Le Palais des Assassins

Fille d’assassin 

recherche amies 

à la Cour

Le Palais des Assassins est un Seinen de Tabasa Iori, publié au Japon depuis 2021 où il comporte 4 volumes en cours. En France, les éditions Ki-oon s’emparent de l’édition en ce début de 2024.

L’auteur a déjà été publié chez nous avec son œuvre Heroines Game.

 

O Karin est la fille d’un fonctionnaire connu pour sa cruauté et ses techniques d’assassinat qui en font trembler plus d’un. Pour échapper au destin d’assassin et à la peur que lui inspire son père, Karin décide de travailler à la Cour comme apprentie servante. Mais elle se retrouve malgré elle à devoir empêcher des assassinats, et à servir d’espionne pour son père, en plus d’être évitée des autres par crainte. Arrivera-t-elle à se faire des amis?

 

Le Palais des Assassins est un titre qui se déroule dans le lieu de la cour et qui ne sera pas sans vous rappeler Les Carnets de l’Apothicaire à plusieurs reprises, notamment pour son humour, mais avec un thème un peu changeant et une cruauté beaucoup plus présente nous remémorant Called Game.

On a un titre qui se déroule dans une temporalité différente de la nôtre et qui nous en fait découvrir énormément sur la cour et la vie au palais. J’ai trouvé certains points très bien expliqués et parfois même bien mieux que dans d’autres titres semblables. On y apprend énormément sur les rôles au sein de la cour, que ce soit entre concubines, princesse, prince et empereur, que pour ce qui est des différents rangs de servantes. On est cependant bien loin d’une cour gentille et bienveillante puisqu’ici tous les coups sont permis pour mettre un terme à la vie du jeune empereur qui aurait pu mourir bien des fois sans l’arrivée de O Karin à la Cour et sa connaissance, malgré elle, des différentes techniques d’assassinat.

On a un manga qui propose pas mal d’enquêtes, de réflexion et de mystère, notamment par le fait que O Karin se retrouve mêlée à toutes les tentatives d’assassinat de la Cour et en même temps, en temps que fille d’un grand spécialiste de l’assassinat, elle sait le reconnaître. Et on peut dire que ce n’est pas l’Empereur qui va y échapper. Celui-ci est jeune et de faible constitution et il y a énormément de mauvaises personnes qui en ont après lui.  On a vraiment ce petit air des Carnets de l’Apothicaire avec O Karin qui résout des mystères que d’autres ne soupçonnent même pas, un peu à la manière de Maomao sauf que O Karin, elle, a l’assassinat dans le sang et peut se défendre d’une manière…quelque peu violente, surtout qu’elle donnerait tout pour protéger le jeune empereur. Elle nous offre ainsi déjà quelques scènes d’action bien stylées et parfois un peu gores, donc les plus jeunes s’abstenir.

Mais Le Palais des Assassins, ce n’est pas juste un manga qui montre la cruauté de la Cour et des assassinats à couper le souffle de par leur créativité et le niveau de complotisme pour en arriver là, c’est aussi un running gag plutôt amusant. En effet, le but premier de O Karin en venant travailler à la Cour était de pouvoir se faire des amis. Cependant, de par le passif de son père et par le fait qu’elle lui soit liée par le sang, tout le monde éprouve une peur bleue à la vue de O Karin et la fuit, ce qui fait qu’elle n’arrive à se lier d’amitié avec personne malgré elle. C’est à la fois triste et amusant, mais heureusement, la situation va commencer à changer petit à petit et tant mieux car sinon le running gag aurait fait un peu long à force.

L’histoire progresse énormément mine de rien malgré un aspect un peu épisodique au premier abord. O Karin a déjà malgré elle un premier contact avec le jeune empereur et une promotion est rapidement faite rien que dans ce premier volume. La fin du tome nous laisse d’autant plus dans un suspense insoutenable qui ne pourra que vous donner envie de vous procurer la suite. L’auteur a su très bien maîtriser le rythme de son titre et j’ai hâte d’en apprendre un peu plus sur ce manga.

 

Parce que de mon côté, je n’hésite plus à punir les individus prêts à s’en prendre à sa majesté pour assouvir leurs désirs !

– O Karin

 

On croise pas mal de personnages dans ce premier volume. Beaucoup de servantes, quelques nobles dont la plupart ont de mauvaises intentions envers l’Empereur, mais très peu de personnages sont encore trop développés, si ce n’est à la fin du tome où on commence à en connaître certains un peu plus clairement. Je resterais donc évasive pour vous laisser les découvrir amplement par vous même.

Les trois personnages qui m’ont le plus marqué sont: O Ko, O Karin et Chako.

O Ko est le père de O Karin et un fonctionnaire connu pour sa cruauté, son diabolisme et sa connaissance pointue des techniques d’assassinats. C’est un homme qui n’a que le mot tuer à la bouche et qui possède des yeux et des oreilles partout, en plus d’utiliser sa fille comme espionne à la cour. C’est franchement pas un homme recommandable et je comprends qu’il soit craint de plus d’une personne.

O Karin quant à elle, est souvent à côté de la vérité. Elle pense beaucoup de choses, simule pas mal comment ses amitiés pourraient se dérouler, mais ne parvient pas à se faire une seule amie, même si elle pense se rapprocher de certaines filles. Elle est pourtant gentille, fait tout pour fuir la réputation d’assassin de son père, elle est serviable et protectrice, c’est presque un ange si on oublie les grosses cernes sous ses yeux et son sourire effrayant. Elle fait cependant de son mieux et on éprouve énormément d’empathie pour elle. C’est une jeune fille intelligente et j’espère qu’elle pourra se faire de nombreuses amies à la longue.

Choko est l’une des servantes qui travaille à la cour et un personnage récurrent qu’on croise mine de rien à chaque chapitre. Elle est gourmande, mange beaucoup et est affreusement effrayée de O Karin. Manque de chance, elle se retrouve régulièrement à travailler avec elle. Ce sera peut-être l’une des premières amies de notre personnage principal, qui sait.

Pour parler un peu des dessins, les chara designs sont assez différentiables malgré les coupes semblables des servantes et leurs tenues de travail. Je trouve les mouvements des personnages très bien effectués. On comprend bien ce qu’ils sont en train de faire, le dessin est parfaitement lisible. Époque de la cour impériale oblige, on a de magnifiques tenues et les quelques décors que l’on voit sont bien détaillés et remplis de designs complexes. Je trouve qu’on manque quand même un peu de décors, j’aurai aimé plus de magnificence dans un titre se déroulant à la Cour.

La disposition des planches nous offre des cases assez petites et resserrées avec pas mal de textes, mais on a tout de même quelques scènes bien détaillées dans des cases plus grandes ce qui permet de véritablement les rendre marquantes car elles sont rares et bien amenées.

 

En conclusion, Le Palais des Assassins plaira énormément aux fans des Carnets de l’Apothicaire. C’est un titre drôle, avec un running gag bien gérer, un très bon rythme puisqu’on a quand même déjà une belle progression dans ce premier volume. C’est un manga qui dénonce la cruauté et les complots de la Cour et qui montre bien des ennemis en ce début d’histoire. Mais le personnage au bon cœur qu’est O Karin fera tout pour protéger les faibles et surtout l’Empereur. On a un personnage qui se ridiculise beaucoup et qui effraie les autres mais qui donne tout pour obtenir son but premier: se faire des amies. On éprouve beaucoup d’empathie envers elle et on a hâte d’en découvrir un peu plus sur l’histoire mais aussi sur les personnages l’entourant.

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L.

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