Critiques,  Maisons d'Edition,  Manga,  S-T-U,  Soleil

The Holy Grail of Eris

Honnêteté 

contre calomnie

 

The Holy Grace of Eris est un Shônen (d’après la maison d’édition française) avec Kujira Tokiwa et Hinase Momoyama au scénario et Yu-Nagi au dessin. Il est publié au Japon depuis 2019 où il comporte actuellement 7 volumes toujours en cours. En France les éditions Soleil Manga nous proposent ce titre depuis Novembre 2022.

 

Constance Grail alias Connie a vue lors de son enfance l’exécution de la cruelle Scarlett Castiel. Dix ans plus tard, elle est fiancée au fils d’une riche famille, et fait partie de la famille du Vicomte Grail qui prône l’honnêteté. Mais alors qu’elle se retrouve dans une situation délicate lors d’un bal important comprenant de nombreuses personnes de la haute noblesse, elle passe un pacte avec le spectre de Scarlett Castiel pour se sortir de ce mauvais pas. Où ce pacte va-t-il la mener.

 

L’histoire se déroule dans une période de royauté inventée, vous avez donc notre personnage principal qui vient d’une famille de vicomte, d’un rang plus élevé qu’un simple baron mais aussi plus bas que la plupart des autres titres. En effet, si on reprend les titres de noblesse du moins important au plus important on a: Chevalier, Baron, Vicomte, Comte, Marquis, Duc, Prince, Archiduc et Prince Royal. ( si je ne me trompe pas) Il était donc plaisant de constater que l’auteur connaisse un peu les différents rangs, même si dans ce premier tome on voit beaucoup de Barons côtoyer des vicomtes. On est tout de même sans cesse remis au courant sur le fait qu’un baron est un rang bas de la noblesse et que notre héroïne a plus de poids et doit être plus respectée car son rang est supérieur aux autres. Par contre, si vous n’aimez pas les histoires de rang et de bienséance, je doute que ce manga vous plaira.

Dès le premier volume, la bienséance a une importance, bien se faire voir, être parfait en public, ne pas faire honte à sa famille, ce sont des points qui reviennent régulièrement. On se rend également très vite compte de la cruauté de la noblesse les uns envers les autres entre la première scène choquante du premier chapitre, mais également celle de fin de volume qui était quand même quelque chose à voir et qui m’a bien marquée. D’ailleurs cette cruauté de la noblesse n’est pas sans me rappeler Called Game qui proposait des stratagèmes assez horribles ou même indirectement à Freya – L’Ombre du Prince.

On a également cette cruauté dans les agissements des uns envers les autres, par les stratagèmes de la classique femme qui veut faire tomber sa rivale pour lui voler son fiancer et ses titres par la même occasion. Ce point là est tout sauf original et a tendance à directement m’énerver et me détacher de ma lecture parce que c’est vu, revu et rerevu. En plus, il faut toujours que le personnage principal se fasse avoir comme un bleu et ne sache pas se défendre, puis devienne mauvais et veuille vengeance à tout va.

Heureusement, une pointe de surnaturel arrive et permet de créer plus d’originalité puisque notre héroïne rencontre le spectre de Scarlett Castiel, une femme de la noblesse qui a été exécutée dix ans plus tôt. Celle-ci passe un pacte avec elle dont nous ne connaissons pas les termes, mais c’est ce qui va éviter la chute de Constance dans ce premier volume et donner lieu à un bon coup de l’arroseur arrosé pour la rivale, même si j’avoue que je l’avais vu venir gros comme une maison. Et oui, malheureusement The Holy Grail of Eris est un manga assez prévisible et j’ai peur d’avoir déjà compris toute l’histoire derrière Scarlett Castiel.

On a au moins un mystère qui se développe autour du pacte entre Constance et Scarlett, et j’espère qu’il ne nous sera pas dévoilé trop vite car ça donne envie de lire la suite. Par contre, j’avoue que je suis assez dans le flou quant aux intentions de l’auteur pour la suite de son manga puisqu’un gros obstacle a été supprimé en un tome. Si une bonne partie du tome est prévisible, je n’ai aucune idée de comment va se goupiller l’histoire par la suite et j’espère que l’auteur mettra vite en place un fil rouge. Ce premier volume dans le fond ressemble plus à une mise en bouche. On nous présente trois douzaine de personnages dont je n’ai retenu aucun nom et rang parce qu’ils sont tertiaires, on nous apprend un peu dans quel univers tordu évolue l’héroïne, comment elle passe le pacte avec Scarlett après s’être fait trahir, mais au final, tout se déroule un même soir et après on arrive déjà à la fin du tome.

Au moins l’avantage c’est que le volume se lit tout seul. On est plongé dedans, mais que va-t-il se passer ensuite? Il faudra lire le second volume pour espérer mieux comprendre le déroulement du scénario d’après moi.

 

C’est là, à l’écart de la foule, que l’incident s’est produit!

– Constance

 

Pour ce qui est des personnages, comme je vous l’ai dit, on en a énormément mais au fond, peu sont vraiment développés dans ce premier volume. Je ne peux que vous parler de Constance Grail qu’on a amplement côtoyé, et vaguement de Scarlett en supputant quelques points.

Constance Grail est une jeune femme de la famille du Vicomte Grail. Sa famille prône l’honnêteté (et probablement une bonne dose de naïveté aussi si vous voulez mon avis), si bien qu’ils se retrouvent criblés de dettes et qu’elle se fiance à un riche fils de Baron. Malheureusement, elle vit dans son monde de naïveté…euh…d’honnêteté, et se fait avoir, trahir comme son père avant elle. Elle est fragile, un peu cruche sur les bords, beaucoup trop gentille, et n’a clairement pas les épaules pour survivre dans la noblesse. C’est d’ailleurs pour ça d’après moi qu’elle est toujours à l’écart des autres. Vous l’aurez compris, je ne l’aime pas trop, elle est trop gentille et me fait même un peu pitié. Heureusement, l’auteur a su créer un duo totalement opposé avec un second personnage qui est celui de Scarlett Castiel.

Scarlett Castiel est un spectre d’une femme du même nom qui a été exécutée 10 ans plus tôt soit disant pour des crimes atroces. Après si vous voulez mon avis, elle a été victime comme a failli le devenir Constance. Quoi qu’il en soit, c’est une femme à la tenue démodée comparé à la bienséance actuelle, que notre héroïne peut voir, et qui est capable de posséder Constance. Elle n’a pas sa langue dans sa poche, peut paraître cruelle dans ses mots, et n’hésite pas à utiliser toutes les armes à sa disposition (façon de parler) pour mener à bien sa quête. Ce personnage m’intéresse déjà beaucoup plus et il me tarde d’en apprendre davantage sur elle.

S’il y a bien un point qu’on ne peut pas reprocher à ce manga, c’est bien les dessins. Les chara designs sont plaisants, les décors et trames sont vraiment bien travaillés avec beaucoup de petits détails et on a surtout énormément de planches qui vous mettent dans l’ambiance, vraiment belles à observer. En plus de ça la disposition des cases change beaucoup, on a énormément de grandes cases qui permettent de bien faire passer les émotions des personnages, franchement c’est un plaisir pour les yeux. C’est bien le seul point où je ne peux pas m’amuser à chercher la petite bête, et qui vous fera accrocher au titre.

 

En conclusion, The Holy Grail of Eris est une histoire qui se déroule dans une période de la royauté, où le rang a une grande importance, de même que la bienséance. Malheureusement, on a très vite le personnage insupportable qui veut faire tomber notre héroïne qui a tendance à m’agacer car c’est beaucoup trop déjà vu. Heureusement par contre, on a une pointe d’originalité dans la vengeance avec la possession et l’existence d’un spectre qui a soif de vengeance. Les grands points forts sont qu’on voit bien la cruauté de la noblesse, au point que cela vous glace le sang, mais qu’en plus le manga est superbement bien illustré, nous proposant de nombreuses planches détaillées qui vous mettent directement dans l’ambiance. Enfin, on a un premier tome qui se lit vraiment bien, super rapidement, mais je ne sais pas trop encore où l’auteur va nous mener. Si vous aimez les histoires de cours et de vengeance, ce titre pourrait vous plaire. En revanche si vous détestez les fils de put*ries, et les personnages naïfs, je ne pense pas que vous adhérerez à ce titre.

L.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *