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Le Dragon et la nonne

Le repas est servi,

mais pas prêt d’ être

dégusté !

 

Le Dragon et la Nonne est un Shônen écrit et dessiné par Yuya Takano. Il y a actuellement 4 tomes en France avec le petit dernier qui vient tout juste de sortir et qui conclut la série. Nous devons ce manga aux éditions Soleil.

Dans un monde où vivent Humains et Monstres, il est parfois difficile de vivre en harmonie. C’est on ne peut plus vrai avec Idoru, un dragon qui demande à un village proche de sa grotte de lui fournir une offrande. Les villageois s’exécutent et ils lui offrent une jeune nonne orpheline. Cette dernière s’occupait du ménage au couvent mais elle ne le considérait pas comme une corvée, on peut même dire qu’elle en était accro.

La vision d’horreur qu’eut la nonne du nom de Clara fut telle qu’elle refusa de servir de repas dans un endroit si sale. Comment Idoru va réagir face à cette jeune fille pour le moins atypique ?

Le Dragon et la Nonne est une œuvre singulière, non pas par son intrigue, mais par son thème. Le ménage est une chose finalement assez récurrente dans les mangas, il n’est pas rare d’avoir des scènes de ce type. Ce qui est cependant plus rare, c’est de trouver un manga entier qui a pour centre le nettoyage. Oui vous avez bien lu, c’est une histoire de ménage (et pas une scène de ménage attention ça reste un dragon et une humaine !). Tout va être centré sur la “magie du ménage” et ça va être super intéressant parce qu’à travers cet acte banal, et pas toujours agréable à faire, eh bien on apprend le pouvoir que cela peut avoir sur les autres et sur soi-même. Je pourrais citer une phrase d’Idoru qui dit : “Quand je vois un intérieur propre, ça remplit mon cœur de joie.”. Un geste anodin a réveillé au fond de lui un bien être qu’il ne pouvait trouver autrement.

Alors on pourrait penser que c’est un peu niais et c’est le cas. Je vais éviter de vous spoil mais on est déjà sur un monde très manichéen, les monstres ils sont méchants, les humains c’est les gentils, les preux chevaliers protègent le monde en se battant contre les bêtes. Grosso modo c’est ça leur monde, c’est pas rare et en soit pas si gênant que ça. Ce qui toutefois me dérange un peu plus ce sont les autres rencontres que va faire notre jeune sœur. Point intéressant, ils retirent une part du côté manichéen et ça c’est une bonne chose, on apprend à mieux les connaître et à ne pas tout de suite sauter aux conclusions du type “ça c’est un méchant monstre parce qu’il n’est pas humain”.

Et d’ailleurs un certain personnage est encore plus nuancé par le fait qu’elle est autant rejetée par les humains que par les monstres. Cependant là où l’on rate quelque chose c’est sur leur personnalité. On retrouve facilement le côté tsundere qui est quelque chose que j’apprécie habituellement mais là ça manque un peu de saveur à mon goût. Très facilement on tombe dans le “grr je suis le grand méchant loup mais pas trop en fait je vais rien te faire et je vais même t’aider, mais attention je ne fais pas ça parce que c’est toi ou quelque chose du genre, je fais que ce que j’ai envie, ok ?!” C’est mon ressenti, et même les autres personnages manquent de quelque chose.

 

Je vais cependant nuancer mes propos.  Car à côté de tout ça, on vit toute de même une belle aventure à leurs côtés. Les personnages ne sont peut être pas hyper profonds mais ça contribue au fait que le manga soit tranquille. On suit le quotidien d’une nonne accro au ménage et d’un dragon qui se prend au jeu et ça donne des scènes qui m’ont presque arrachées un rire. Au final le manque de saveur dont je parlais tout à l’heure et rattrapé par l’ambiance générale de l’œuvre qui nous susurre à l’oreille “détend toi, ne pense pas trop à toutes ces choses compliquées et juste profite, profite de ce que ce manga t’offre et passe un bon moment” et c’est exactement ce qu’on fait en le lisant, on passe un moment très agréable où l’on ne se prend pas la tête à réfléchir à 3 000 choses, on se laisse simplement porter par les planches qui nous emmènent de chapitres en chapitres, de sourires en sourires~. Pour le coup ce point est une réussite. Les personnages un peu niais arrivent malgré tout à nous faire un petit baume au cœur lorsqu’on voit que tout le travail qui a été précédemment accompli leur a permis de s’ouvrir un peu plus au bonheur.

 

“Je suis résignée. Ça ne me dérange pas d’être mangée”

– Clara.

 

Par ailleurs, que dire des ces personnages. Eh bien pour commencer je parlerais de Clara, la nonne qui s’occupait du ménage au couvent. Elle est accro à ça mais dans le bon sens, en effet ça la rend heureuse de le faire, et ça se voit ! Elle aime réellement nettoyer et surtout elle tire une grande satisfaction du avant / après, quand on passe de quelque chose de sale et qu’on arrive à suffisamment nettoyer pour que ça change réellement la vision de l’endroit ou de l’objet. C’est parfois aussi impressionnant que de voir un bout de ferraille devenir un splendide instrument par exemple. Elle nous  réconcilierait presque avec le ménage ! De la même manière qu’elle a attendrie Idoru qui plus est.

Idoru lui, est un véritable tsundere. C’est typiquement l’image du grand méchant loup qui, en réalité, est toujours la grand-mère.  Pour continuer sur les comparaisons et les métaphores, je dirais qu’on est sur un véritable nounours. Il est d’aspect impressionnant mais en réalité, il ne ferait pas de mal à une mouche. Bon si. C’est le cas parfois, il n’en reste pas moins un dragon qui semble pas mal connu des environs ! Dès qu’ils croisent quelqu’un, monstre ou humain, il inspire une certaine peur ou un certain respect. Quels que soient ses choix, s’il veut terrasser quelqu’un il le fait et absolument personne ne pourrait l’en empêcher (bon mis à part une certaine femme qui semble peu à peu percer son cœur de fer mais c’est encore une autre histoire). En tout cas, il est marrant à suivre, et j’aime bien quand il travaille en partie à contre-cœur mais qu’il en profite tout de même pour montrer sa suprématie. Il a besoin de montrer qu’il reste un dragon et qu’il ne faut pas le sous-estimer parce qu’il fait des tâches ingrates, presque indignes de sa personne. Mais il est gentil et on se prend de l’affection pour lui.

N’oublions pas non plus les dessins que j’ai beaucoup aimé. Il y a des planches vraiment belles, notamment une qui m’a vraiment marqué, une scène assez belle entre Idoru et Clara, je ne vous en dirais pas plus mais elle vaut le coup d’œil !

En tout cas globalement les dessins sont très bons, les chara-designs vraiment propres, et certaines cases sont bien drôles !

 

 

En finalité, c’est une bonne petite œuvre en 4 tomes. Vous ne le lirez pas pour l’intrigue ni pour la complexité des personnages ou des dialogues, mais vous passerez un très bon moment à leurs côtés, et vous serez même par moments impressionné par Clara qui a une force de caractère assez incroyable.

Pour revenir au “sacrifice” ça me fait un peu penser à Ken’en, une personne est livrée suite à la demande d’un “monstre” mais finalement ça ne se passe pas du tout comme on l’aurait imaginé. Bien qu’après, la suite des événements soit très différente, j’ai bien aimé ce côté sacrifice qui n’en est plus vraiment un.

Si vous souhaitez vous détendre en lisant un manga sans prise de tête, vous êtes au bon endroit !

Qui plus est, si vous souhaitez vous faire votre propre avis avant de l’acheter, les éditions Soleil mettent à disposition un extrait qui recouvre le premier chapitre, ce qui permet déjà de se donner un bon aperçu de l’œuvre.

H.

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