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La Malédiction de Loki

La sombre

Malédiction d’un 

Être imaginaire

La Malédiction de Loki est un Shônen écrit et dessiné par Hachi, publié au Japon en 2017 et terminé en 8 volumes. Le sixième nous parvient en France aux éditions Delcourt/Tonkam en Décembre 2020 et nous rapproche de la fin de la série.

 

Aisya est une jeune orpheline qui a la capacité de donner vie à ses peintures grâce à son sang. Elle donne naissance à Loki pour lui tenir compagnie dans sa courte vie d’exploitation et d’enfermement. Malheureusement ses peintures apportent le malheur à certains à cause de la noirceur de l’être humain et Loki se retrouve alors chargé de toutes les détruire afin de réparer les erreurs d’Aisya. C’est dans le tourment que Loki se met en marche pour un long périple qui lui prendra des dizaines d’années, le tout, au sein de la quatrième division de Vinculum, la faction des nettoyeurs.


Pour commencer, on peut dire que La Malédiction de Loki est un manga qui paraît au premier abord épisodique mais qui dans le fond nous offre chaque fois des histoires touchantes ou marquantes sur les peintures créées par Aisya. Il ne faut pas partir du principe que chaque chapitre sera épisodique et donc inintéressants, puisque la présence de plusieurs personnages importants au passé sombre permettra probablement des développements de scénarios plus captivants à l’avenir.

On pourrait comparer le côté épisodique de ce titre à ceux de Kino no Tabi ou encore de Majo no Tabitabi où dans les deux cas les personnages voyagent et observent des endroits aux histoires riches et parfois tragiques, et c’est quelque chose que j’aime beaucoup. On se prête au côté épisodique de la recherche des tableaux et on en vient à l’apprécier, puisqu’à chaque tableau on a le droit à tout une histoire qui s’est créée autour avec les personnages qui la possède. Certaines sont tristes, d’autres ont une utilisation attendrissante de ces tableaux. La plupart les ont cependant détournés en une version cauchemardesque, ce que bien entendu une certaine jeune fille n’avait absolument pas prévu. Je trouve donc intéressant qu’on ne reste pas fixé à un unique scénario qui suit son cours, mais qu’on puisse au contraire observer un scénario principal et en même temps découvrir d’autres histoires toutes aussi intéressantes et touchantes.

D’après moi ce titre est à la fois l’expiation pénible des erreurs de Aisya avec l’aide de Loki, qu’un long voyage de deuil pour Loki qui doit accepter la disparition de son amie. C’est une œuvre plutôt sombre et tragique, qui vous serrera le cœur durant la lecture et on peut se demander si la finalité de cette histoire ne sera pas une triste fin avec la disparition de Loki qui est lui-même une création d’Aisya. Cela pourrait ressembler à un long périple d’acceptation d’une âme qui souhaite trouver le repos, et je suis sûre que la présence des autres personnages qui nous sont dans le premier tome vaguement présentés aidera Loki à accepter sa condition et la disparition d’Aisya. J’ai espoir que cette œuvre nous offrira par la suite des moments plus beaux et joyeux.

Ce jour-là, Aisya m’avait confié une tâche pour la toute première fois…Mais moi…Celle que je voulais sauver…C’était toi.

 – Loki

Le premier tome de La Malédiction de Loki se passe en trois temps et je le trouve d’ailleurs plutôt bien rythmé pour ça. Chaque chapitre nous apporte les informations qu’il nous faut pour la suite de l’histoire. Le premier chapitre nous apprend le passé de Loki et Aisya et comment ils en sont arrivés là. Le deuxième nous apprend l’existence de la quatrième division de Vinculum ainsi que le déroulement du travail de Loki, et le troisième nous présente en action un premier personnage important de l’histoire Touen, ainsi qu’un élément perturbateur qui nous tient en haleine pour le deuxième tome.

On peut donc dire que ce premier tome est prometteur, j’espère que la suite le sera tout autant et que les 8 tomes suffiront à conclure l’histoire sans la bâcler pour autant.


Les dessins quant à eux sont vraiment de qualité je trouve. J’aime beaucoup les chara-designs ainsi que les expressions détaillées que l’auteur a été capable de créer. Les scènes d’action sont aussi agréables à l’œil et même s’il y a de temps en temps un peu trop de blanc, la mise en page et les personnages suffisent à nous ravir. De plus, l’auteur sait attirer notre attention sur les points clés de son histoire par des planches parfois magnifiques et détaillées.

Enfin, parlons un peu du personnage de Loki. Je ne parlerai que de lui pour ce tome mais ça sera déjà amplement suffisant.

Il y a quelque chose d’assez amusant à noter avec son prénom. Loki dans la mythologie nordique est le dieu de la malice, de la discorde mais également des illusions. Ce n’est évidemment pas un hasard puisque Loki est à la base une création d’Aisya et n’existe donc pas vraiment. Il peut en conséquence être considéré comme une illusion qui poursuit sa quête pour réparer les erreurs de sa maîtresse.

Loki apparaît comme quelqu’un de renfrogné et de profondément triste mais c’est surtout une personne gentille et aimante d’Aisya qui éprouve une haine pour l’être humain qui a blessé son être cher. Même s’il semble avoir grandit comparé à l’époque à laquelle il nous est présenté dans le chapitre un, Loki n’en reste pas moins la création d’Aisya puisqu’il a gardé le caractère qu’elle lui a donné, ce qui n’est d’ailleurs probablement pas pour déplaire aux fans de personnages un peu Tsundere. Je me demande tout de même si en côtoyant d’autres gens, Loki ne sera pas capable de se détacher de la personnalité que lui avait décrite Aisya, ou s’il sera voué à rester figé dans son caractère tel une peinture sur une toile. Il peut être intéressant de rester attentif aux changements de ce personnage que je trouve passionnant et de voir s’il n’y a pas une progression dans sa façon d’être qui le mènerait vers une acceptation de ce qu’il est devenu et de la disparition d’Aisya.

Pour ceux qui ne sont pas encore convaincus par cette œuvre sachez que l’arme de Loki est très particulière et originale et rien que pour ça ce manga vaut le détour d’après moi, d’autant qu’on nous présente en fin de tome des personnages très intéressants comme Touen et l’élément perturbateur que je ne citerai pas pour ne pas vous gâcher la surprise. Je sais pour avoir lu la suite qu’ils sont bien plus que de simples personnages secondaires et qu’ils valent le coup d’œil.


En conclusion, La Malédiction de Loki est une œuvre qui vaut le détour. Elle fera uniquement 8 tomes donc elle mérite plus de visibilité et vous n’avez pas l’excuse de la longueur pour ne pas l’acheter. L’écriture des personnages, la beauté des planches et le découpage du rythme de l’histoire bien ficelé en fait un excellent titre que je ne peux que vous conseiller.

L.

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