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La Lanterne de Nyx

Embarquement

pour un voyage

merveilleux !

 

La Lanterne de Nyx est un Seinen de Kan Takahama. Glénat l’édite chez nous depuis 2019 et c’est une série en 6 tomes qui vient tout juste de se finir en France. Une belle petite pépite à découvrir !

Ce manga raconte l’histoire de Miyo, une jeune fille orpheline suite à la guerre. Dans son malheur elle possède cependant un don. Un don de clairvoyance qu’elle va mettre à profit en 1878 lorsqu’elle va rejoindre la boutique d’antiquité et d’articles en tout genre de Momotoshi qui voit en elle un potentiel fort intéressant.

La première chose que nous remarquons avec ce tome c’est la couverture qui est soignée et laisse entièrement transparaître l’essence même de la série. Son format quelque peu inhabituel nous fait sentir que son histoire possède beaucoup à nous offrir, et c’est le cas. Les premières pages en couleur dépeignent le futur de notre cher protagoniste, Miyo. On la voit âgée, protégeant sa petite fille, elle la rassure et lui parle de son futur qu’elle a aperçu via sa broche. Mais ce dont elle va lui parler, et ce dont elle va nous parler, c’est son passé à elle, celui où elle a mis, un beau jour, les pieds dans une boutique atypique.

On va donc y voir ses journées en tant que vendeuse aux côtés de Momotoshi, le patron qui s’occupe notamment de voyager à l’étranger afin de ramener des produits intéressants et nouveaux pour le Japon, mais également aux côtés de Ganji, un homme au visage méchant au premier abord, même si on se rend vite compte qu’il n’est pas du tout comme ça en réalité ! Au fil des chapitres on y verra l’apparition d’une autre femme dans la boutique, celle d’une couturière du nom de Tama.

Tout ce beau petit monde va avoir bien des choses à nous offrir à nous, mais aussi à Miyo ! En effet, cette dernière n’est vue par les autres que comme une bonne à rien et elle finit par le croire elle-même et à ne se sentir capable de rien. Cependant, grâce au travail des autres acteurs de la boutique, ils lui montrent qu’elle est bien plus dégourdie que ce qu’elle croit. Elle est capable, et elle est bien moins bête que ce qu’elle pense ou que sa famille croit ! On la voit d’ailleurs rapidement apprendre à lire et à écrire à l’aide des enseignements de Momo et Ganji.

 

Les mauvaises passes ne durent jamais éternellement ! Mange donc ces sucreries, peut-être qu’elles te remonteront le moral !

– Momotoshi.

 

Pour Miyo presque tout est une découverte, le monde est vaste et plein de surprises auxquelles elle ne s’attend pas et c’est une découverte pour nous aussi. L’histoire se passe dans les années 1878, après une ouverture du Japon à l’international. C’est donc une période historique très intéressante ! Ce côté là est bien mis en avant grâce à Kan Takahama qui, à la fin de chaque chapitre, nous donne des petites notes sur un objet central des pages précédentes avec du contexte, et ce sont des notes aussi bien historiques que personnelles. On sent que l’auteur y a vraiment mis du sien et c’est très plaisant à lire, et aussi très instructif. Alors évidemment ce n’est pas non plus un cours d’Histoire attention, ce que l’auteur nous raconte est le fruit de ses recherches avec quelques suppositions, il est donc possible que tout ne soit pas exactement comme c’était réellement à l’époque. Toutefois, je tiens à souligner le très bon travail qui a été réalisé pour nous donner tout de même de très bonnes informations sur la période qui est assez fascinante.

On découvre aussi bien un Japon changeant, s’ouvrant à de nouvelles coutumes, avec les bons et les mauvais côtés, mais également une Europe différente, qui resplendissait par ses avancées technologiques. C’est donc un voyage merveilleux que nous offre La Lanterne de Nyx, enivrant et très bien réalisé ! Les événements s’enchaînent à un bon rythme, aussi bien dans l’intrigue qui commence à faire un grand pas à la fin du premier tome, que chez les personnages que l’on apprend petit à petit à connaître. Ils ont tous leurs secrets et il reste beaucoup de choses à apprendre à leur sujet. Par ailleurs, on y note également une touche d’humour bien placée, c’est fin et grossier à la fois, mais c’est efficace ! Une pensée à la fabrique de billets qui doit travailler vraiment dur….

 

Pour ce qui est des dessins, c’est plutôt attrayant avec un coup de crayon particulier mais pas déplaisant du tout bien au contraire ! Nous avons des plans généralement rapprochés, ce qui laisse peu de place aux décors qui se font un peu discrets. Cependant, lors des plans plus larges on y voit de beaux décors, ils sont simples, avec des détails plutôt limités, à contrario des objets ou des affiches qui, eux, sont bien plus détaillés. On ressent par moment un style qu’on pourrait presque qualifier de “croquis”, c’est très sympa à l’œil et ça dessert bien l’œuvre qui possède un aspect captivant et une ambiance générale qui s’y prête bien.

En fin de compte, La Lanterne de Nyx mérite entièrement le 24e grand prix Osamu Tezuka remporté en Avril 2020. Nous avons une histoire riche avec une période passionnante, des personnages mystérieux, intrigants, venant d’horizons différents et cerise sur le gâteau, de beaux dessins qui sauront vous taper dans l’œil ! Tout ça sublimé par l’édition qui est vraiment propre.

Si vous aimez l’aspect découverte, avec un peu de contexte historique, vous aimerez cette œuvre qui va vous embarquer dans une belle histoire aussi attachante que ses personnages.

H.

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