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Freya – L’Ombre du Prince

Quand une 

villageoise 

endosse 

le rôle de Prince

Freya L’ombre du prince est une œuvre de Keiko Ishihara parue au Japon en 2017 et toujours en cours avec 5 tomes. Le titre est catégorisé Shojo et apparaît chez nous en 2019, proposé par Dokidoki qui nous offre le quatrième volume en Novembre 2020.

 

Freya est une jeune fille qui vit à Tena, un village paisible dans le royaume de Tyr. Elle prend soin de sa mère malade Skadi et vit dans la quiétude jusqu’au retour de ses frères de cœur Aaron et Alexis, porteurs d’une terrible nouvelle: Sigurd, puissant pays voisin demande la reddition de Tena afin de faire progresser son annexion du royaume de Tyr. Forte de son envie de protéger ceux qu’elle aime, Freya se rend au château de Rocca, où elle fait une rencontre qui va changer sa vie à jamais.

 

Si vous espériez voir une Shojo tout mignon vous vous êtes clairement trompé de titre. Freya L’ombre du Prince se veut être une représentation plus sombre et intense du Shojo, où l’héroïne se retrouve dans des situations angoissantes et où elle doit être forte pour pouvoir sauver ceux qu’elle aime. Je trouve ça plutôt sympathique d’avoir accès à une histoire plus originale et plus sombre qui ne soit pas non plus catégorisée Seinen. Ici on ne va pas uniquement avoir le cœur qui bat la chamade pour de la romance, on va également avoir peur pour les personnages, on va ressentir l’appréhension de Freya qui se retrouve soudainement à un rôle élevé alors qu’elle n’était initialement qu’une fille de village. Cette élévation soudaine du personnage dans la société, même si elle s’apparente à un remplacement, est très captivante à observer puisqu’on découvre une autre facette du personnage qu’on n’avait pas au début de l’histoire.

On a donc une évolution rapide qui se fait notamment par un avancement frénétique du scénario. L’histoire ne semble pas nous laisser reprendre notre souffle. D’après moi le premier chapitre aurait pu faire un tome entier tant il était riche en rebondissements, c’est dire à quel point le scénario avance sans répit.

On aurait pu croire à un Shojo classique au début, cependant ce n’est pas le cas. Si on nous montre un soupçon de romance au départ, celle-ci ne tarde pas à se transformer en désespoir. Le fait que tout se passe dans un ancien temps où la royauté était présente semble permettre plus de cruauté et une histoire beaucoup moins classique pour un manga. On peut tout de même trouver de nombreuses similitudes avec Called Game puisqu’il s’agit dans les deux cas de prendre la place de quelqu’un pour protéger son pays et là, en l’occurrence, son village. On peut également voir de nombreuses ressemblances avec d’autres histoires de royauté où les complots sont fréquents. Cela peut aussi faire penser à certaines périodes historiques où on complotait souvent pour s’emparer du trône.

Il est agréable de voir que Freya L’ombre du prince ne nous dépeint pas un remplacement facile. En effet, Freya doit s’habituer au caractère du prince tout en apprenant les us et coutumes ainsi que la bienséance de la royauté, car il ne faut pas oublier qu’initialement elle était une villageoise. C’est peut être sadique de dire ça mais j’ai apprécié qu’elle ne réussisse pas forcément du premier coup à se contenir et à agir exactement comme un prince, au risque de parfois manquer de se faire démasquer. D’autant que ce qui est passionnant c’est que Freya contrairement au prince n’a pas l’air de savoir se battre. Toute l’histoire pourrait donc ressembler à une partie de poker où Freya ne ferait que bluffer en espérant que ça passe, et on peut imaginer à quel point cela doit être oppressant. Cette angoisse nous est d’ailleurs montrée à plusieurs reprises durant le tome puisqu’on assiste à des scènes où Freya ne parvient plus à se contrôler, et j’apprécie le fait que l’auteur ai voulu nous la montrer dans cet état et pas immédiatement comme une copie parfaite du prince. J’ai l’impression qu’on verra une progression maîtrisée du personnage de Freya et j’ai hâte de la voir un peu plus forte.

 

Pour les dessins je n’ai rien à leur reprocher. J’aime bien les chara-designs, les décors ainsi que les trames me suffisent et l’auteur sait parfois nous ravir avec des planches plutôt magnifiques. Les traits sont à un bon niveau et je ne vois pas vraiment de défauts à en ressortir.

Enfin, parlons un peu des personnages qui sont déjà très nombreux pour un premier tome et très variés.

Freya apparaît d’abord comme une jeune fille frêle et fragile, qui a peur pour son village et sa mère mais qui est trop faible pour pouvoir faire quelque chose pour le protéger. Elle est décrite comme une personne qui pleure beaucoup et est vite effrayée, pourtant elle donnerait tout pour protéger Aaron et Alexis et ne va pas hésiter à prendre des risques.

Je ne sais rien faire… mais je veux me rendre utile!

– Freya

On peut dire qu’au fond derrière cette fragilité, elle reste quelqu’un de très fort mentalement. Et il va bien le falloir puisqu’elle va rencontrer le prince qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau et sa vie va totalement basculer. Elle qui a un caractère protecteur fort va enfin obtenir le pouvoir de protéger tout le monde mais suite à de grands sacrifices. Il est intéressant de voir comment le hasard d’une rencontre peut permettre de changer un personnage faible en une personne importante et puissante. Mais il ne faut pas oublier que Freya doit alors passer d’une fille frêle à une fille au fort mental qui prend le rôle de quelqu’un d’autre, ce qui n’est pas sans nous rappeler le déguisement de Alna dans Called Game, et on se doute que porter ce déguisement ne sera pas facile. On peut supposer que Freya ne va faire que se renforcer au fur et à mesure des événements afin de prendre du mieux qu’elle peut son rôle de prince.

Pour continuer, il y a un parallèle entre le Prince Edward et la mythologie nordique. Il ressemble comme deux gouttes d’eau à Freya, et dans la mythologie Freya a justement un frère jumeau, Freyr, qui était vu comme un dieu de la lumière. Cela colle totalement à Edward puisqu’un Prince est un peu la lumière et l’espoir de son pays.

On peut néanmoins faire une opposition entre le Prince et Freya puisque Freya est un personnage faible et qui pleure beaucoup alors que le Prince est un protagoniste fort qui ne se laisse pas faire et ne pleure jamais devant les autres. La seule ressemblance qu’il y aurait vraiment entre eux serait leur physique et peut être leur besoin de protéger leur pays.

Alexis est un autre personnage qui risque de beaucoup évoluer durant l’histoire et ce, pour Freya et grâce à elle. Il est en quelque sorte un ami d’enfance de Freya et apparaît d’abord comme un soldat ordinaire et le frère d’Aaron.  Il semble toujours essayer de le dépasser en vain et pourtant, certains événements vont justement le pousser à devenir l’égal de son frère, puisqu’il va postuler pour devenir garde royal afin de pouvoir rester auprès de Freya. Tout comme Freya on peut supposer qu’il ne va faire que se renforcer afin de pouvoir la protéger.

Enfin, on peut rapidement parler de Julius, le chevalier blanc du Prince. Il peut comprendre la douleur de Freya puisqu’il n’a pas été capable de protéger l’être qui lui était cher. C’est probablement également d’après moi celui qui remotivera Freya et la rendra plus forte. Julius semble aussi relativement mystérieux pour le moment et j’ai hâte d’en apprendre plus sur lui. Il paraît également être le personnage qui saura toujours dire une phrase légère pour détendre un peu l’atmosphère.

En conclusion on peut dire que l’auteur sait nous tenir en haleine avec une fin de tome qui termine sur un sacré cliffhanger et qui donne envie de lire la suite. Au final je ressors agréablement surprise de cette histoire que je pensais être moins sombre et intéressante que ça. Franchement si vous avez aimé Called Game vous aimerez sans aucun doute Freya l’ombre du prince.

L.

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