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Blue Summer

Un été pour retracer

un film

Blue Summer est un Yaoi de Furuya Nagisa publié au japon en un tome en 2017. Il nous arrive en France chez Boy’s Love IDP en Mars 2021 dans la collection Hana. Ce manga possède d’ailleurs un sequel en un tome sorti en 2018.

 

Toda Wataru et Chiharu Saeki sont deux lycéens passionnés de cinéma qui vont régulièrement regarder des films ensemble. Grâce à ce hobby commun ils deviennent amis même si tout les oppose et ils se sentent à l’aise en présence de l’autre. Mais un jour Saeki fait une déclaration inattendue et demande à Wataru de le suivre dans un pèlerinage de lieux de tournage de films durant l’été. Celui-ci accepte et débute alors un rapprochement et un changement de relation.

 


Pour commencer on peut dire que Blue Summer tire plus du Shonen Ai que du Yaoi. En effet, vous pouvez le lire sans crainte si vous êtes un peu jeune, il n’y aura aucune scène 18+. Il s’agit en réalité plus de la mise en relation et du rapprochement principalement lent et doux de deux lycéens, le tout entouré de socialisation et de dialogues.

J’ai trouvé en effet que ce manga était très centré sur le relationnel entre deux personnes qui n’ont pas forcément beaucoup de points communs, si ce n’est leur hobby du cinéma. Il était intéressant de les voir se rapprocher à travers ce hobby et d’observer leurs sentiments évoluer au fil du tome et de leur pèlerinage sur les lieux de tournage du film choisi par Saeki.

Ce rapprochement s’est fait en plusieurs temps, l’auteur jouant avec le rythme pour nous déconcerter. La déclaration d’amour de Saeki ne tarde pas en effet à survenir comme un cheveux sur la soupe, et c’est avec étonnement qu’on peut voir Wataru ne pas être plus choqué que ça et s’en contenter plutôt rapidement.

La personne dont je suis amoureux est la personne que je regarde en ce moment même”

– Saeki.

Après tout, chacun ses réactions même si j’ai trouvé que c’était une facilité scénaristique. Après ce bond soudain dans leur relation, celle-ci reprend un rythme de croisière et on ressent une atmosphère presque reposante tandis qu’on observe leurs moments du quotidien et leur pèlerinage, ainsi que les petits changements de comportement de Wataru envers Saeki au fur et à mesure de l’avancement de l’histoire. J’ai vraiment eu l’impression que l’évolution des sentiments était progressive et non forcée comme ça peut souvent l’être, surtout dans un One Shot. L’auteur a su être habile pour faire évoluer les sentiments des personnes dans une très courte œuvre et développer une histoire bien plus riche qu’on ne peut le croire.

En effet, aucun élément ne semble laissé au hasard par l’auteur, et ce jusque dans le choix du film et ça rend le titre passionnant à lire en détails, pour essayer de percevoir tous les petits points cachés qui guident la relation de Wataru et Saeki.

Revenons-en au rythme de l’œuvre. J’ai dit qu’il se déroulait en plusieurs temps, et c’est en vérité en trois temps. Le premier comme je vous ai énoncé plus haut, était la déclaration de Saeki qui a bondit de nulle part, nous prenant au dépourvu. S’en est suivi le long moment de croisière avec l’évolution de la relation. Néanmoins même si cette relation semble évoluer tout en douceur, il y a un avantage non négligeable au fait que le tout se déroule dans une œuvre courte, c’est qu’on peut éviter des moments de “je t’aime moi non plus”, “je suis jaloux moi aussi” et aller directement au cœur de l’histoire. Le dernier tempo de ce titre est un climax plutôt inattendu qui précipite toute l’œuvre et nous arrache de notre rythme de croisière, jouant avec nos sentiments et nous brusquant, tout comme il a brusqué les personnages. Même si j’ai moins aimé le climax, mais uniquement par goûts personnels, je trouve que l’auteur a vraiment su répartir le rythme de son œuvre et la rendre agréable à la lecture, artistique, poétique, détaillée. Je trouve franchement que la gestion du titre par l’auteur est parfaitement bien menée et fait de Blue Summer un très bon manga Boys Love.

Si je devais regretter quelque chose de cette œuvre, c’est que la relation des deux protagonistes soit trop prévisible et qu’elle ne soit pas plus détaillée encore, et heureusement je pense que le sequel permettra de remédier à mon manque de relationnel amoureux entre les deux. Attention, je ne dis pas que leur relation n’est pas du tout détaillée dans ce titre. En vérité, elle passe par toutes les émotions possibles: la joie, la gêne, la tristesse, la colère, l’amour, et d’ailleurs ce nombre d’émotions décrites nous offre énormément de scènes à la fois mignonnes et poignantes. L’écriture et le dessin de l’auteur permettent véritablement de rendre l’œuvre sublime et bouleversante.


Pour continuer, si je devais parler rapidement des personnages, je dirais que Wataru et Saeki sont tous les deux opposés. Wataru est un garçon normal, de taille moyenne, voire un peu petit, aux cheveux noirs, qui a un hobby que peu de personnes ne semblent partager dans ce manga. Mais c’est également un personnage fort, qui ne se laisse pas abattre et qui semble avoir eu une vie heureuse et reposante jusqu’à maintenant. À contrario, Saeki est quelqu’un de populaire, aux cheveux clairs, grand, beau, intelligent, qui a le même hobby que Wataru, dont la vie semble être plus mouvementée et difficile qu’il n’y paraît. C’est également un personnage plus fragile, qui se laisse envahir par ses émotions. Comme on dit les contraires s’attirent et c’est bien vrai ici.

Il y a un point que j’ai beaucoup aimé avec ces personnages, c’est qu’il n’y en a pas un charismatiquement viril et l’autre efféminé. On ne tombe pas dans le stéréotype gay du uke efféminé et du seme dominant et sûr de lui, ou du moins c’est suffisamment subtil pour que je ne le remarque pas et cela rajoute un gros plus à l’histoire qui est bien plus agréable à suivre ainsi.

Enfin, parlons un peu des dessins. Les chara-designs sont vraiment agréables à l’œil, les personnages sont beaux et bien dessinés. Les émotions sont sublimes et rendent le titre bien plus poignant et prenant, on ressent bien tous les sentiments des personnages en les regardant, et ses émotions détaillées permettent de mettre en place des scènes vraiment sublimes à contempler. Les décors, eux, sont très épurés, parfois un peu trop, l’auteur à voulu par moment trop miser sur ses personnages pour les mettre en avant sur des décors vides avec juste deux trois feuilles d’arbre ou brins d’herbes qui passent dans la case. C’est peut être l’une des seules parties que je trouve regrettable pour ce titre: que l’auteur ait abusé du même procédé pour ses décors tout du long et je peux dire que dans Blue Summer beaucoup d’eau est tombée et beaucoup de feuilles d’arbres ont volé.


 

En conclusion, malgré deux trois chipotages de ma part, je trouve que Blue Summer est un excellent Yaoi ou plutôt Shonen Ai. Le rythme de l’histoire est probablement ce qui m’a le plus marqué dans ce One Shot tant il était parfaitement bien orchestré, et tous les détails de l’histoire étaient importants et utilisés à un moment, l’auteur n’a rien laissé au hasard. Si vous avez aimé le côté social de Blue Flag, ou encore l’évolution relationnelle calme de Kimi to Boku, Blue Summer saura vous ravir, même si j’aurai voulu encore plus de relationnel que ce soit entre notre duo, qu’avec les autres personnages qu’on aperçoit de temps en temps dans le tome. Blue Summer reste néanmoins un titre prenant, poignant, bouleversant et parfaitement bien rythmé qui a su nous raconter une histoire complète en un tome et je ne peux que vous le conseiller tant c’est une bouffée d’air frais qui vous change les idées et vous emporte ailleurs au gré de l’été et des lieux de tournage.

L.

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